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30.11.2008

"M. MELENCHON", le docu-feuilleton du naufrage du Parti Socialiste autour du Congrès de Reims

Ce qui devait être un reportage des webjournalistes de Teletoc est devenu par la force des choses un docu-feuilleton sur les causes du naufrage du PS et par là même du départ de Jean-Luc MELENCHON du Parti Socialiste. Ce petit film en 4 parties intitulé "M. Mélenchon" répondra à beaucoup de questions que ceux qui ne sont pas dans les arcanes du PS peuvent se poser... Mais ce film explique aussi les raisons qui ont poussé Jean-Luc MELENCHON, en homme de convication,  à créer le "Parti de gauche". "Moi je ne suis pas au dessus de la mêlée, je suis dedans !" Voilà ce qui peut résumer la démarche de ce personnage hors du commun et haut en couleurs...

1ere partie :


 

2eme partie :


 

3eme partie :


 

4ème partie :


14.11.2008

Entre le parti socialiste et les Français le fossé se creuse

Le Monde et L'institut de sondages Sofres ont publié aujourd'hui un sondage dont les résultats ne surprendront personne : entre "les Français et le PS, un crise de confiance". Tout est dit. Mais en analysant le document complet - disponible en pdf sur le site sofres (lien) - on trouve aussi des résultats très intéressants concernant les rapports entre les sympathisants de gauche et le parti socialiste qui ne sont pas développés par le journal Le Monde :

français&ps copie.jpg

Le premier constat que l'on peut faire pour le graphique présentant l'ensemble des Français, c'est que les opinions sont assez partagées entre ceux qui trouvent le Parti socialiste trop à droite et ceux qui le trouvent bien à sa place. Cependant, chose plus étonnante : il n'y a qu'une frange infime de la population qui le trouve trop à gauche!!!

En s'intéressant aux deux graphiques concernant maintenant les sympathisants de gauche, dont les socialistes, on constate que globalement la gauche dans son ensemble trouve le PS trop à droite (45% contre 40% à penser que non ou à le trouver trop à gauche). Chose plus surprenante, lorsque l'on demande à ceux qui sont de la sensibilité socialiste leur avis, ils ne sont que 41% à trouver leur parti bien à sa place contre 37% à le trouver trop à droite et 8% à le trouver trop à gauche! A méditer!

Moralité : bien que le vote des motions ait donné précédemment la majorité à l'aile droite du parti (article précédent), un grand nombre de socialistes aspire à un réancrage à gauche tandis que l'écrasante majorité de la gauche n'attend que ça...

Attendons donc les résultats du Congrès de Reims pour voir à quel point les réelles aspirations populaires seront bafouées...

 

13.11.2008

Vers la privatisation des universités... Objectif de l'UE : un marché commun de la recherche (EER)

Isabelle BRUNO EER.jpgLa contruction européenne avance selon une idéologie qui a toujours été maquillée derrière le très pratique écran de fumée des "technocrates de Bruxelles".Dans "À vos marques, prêts… cherchez!. La stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche", Isabelle Bruno se propose d'analyse en détails le programme de création d’un espace européen de la recherche (EER) où elle explique de façon implacable les mécanismes qui entraînent l’Union vers le « tout marché ».

 

"On aurait pu penser que la recherche, qui dans la tradition humaniste et républicaine ne saurait être inféodée aux seuls intérêts mercantiles, aurait échappé à cette régression. Il n’en est rien, bien au contraire : elle est devenue, dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne décidée en 2000 (sous le gouvernement de M. Lionel Jospin), le terrain d’expérimentation privilégié de l’Europe SA. On le doit à l’habileté de la Commission qui a su amener les Etats membres sur son terrain, en particulier par la généralisation de la technique managériale du benchmarking (l’étalonnage comparatif), qui les met en concurrence permanente comme s’il s’agissait d’entreprises. Le « chercheur-entrepreneur » devient ainsi la figure emblématique d’une construction européenne vouée au culte de la « compétitivité »."

Bernar CASSEN, Le Monde diplomatique, octobre 2008

 

"À vos marques, prêts… cherchez!. La stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche.", d'Isabelle Bruno, Editions du Croquant, coll. « Savoir/Agir », Bellecombe-en-Bauges, 2008, 267 pages, 18,50 euros.

 

Note de l'éditeur :


Mars 2000 : un Conseil européen extraordinaire se réunit à Lisbonne. Quoiqu’il n’ait pas fait les gros titres et demeure inconnu du grand public, ce sommet marque un tournant dans l’histoire de la construction européenne. Les chefs d’État et de gouvernement des quinze pays membres de l’Union se sont alors fixé « un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». À cette fin, ils ont ouvert le chantier d’un Espace européen de la recherche (EER) qui entend organiser la production, l’échange et la valorisation des savoirs sur le modèle du Marché commun. Ce projet vise à orienter les activités de recherche et d’innovation vers une finalité de compétitivité économique. Son but n’est pas d’intégrer les systèmes nationaux en recourant au droit communautaire, mais de les mettre en concurrence au moyen de techniques managériales censées insuffler un « esprit compétitif » dans les laboratoires comme dans les administrations publiques. Par la construction d’indicateurs de performance et leur évaluation comparative (benchmarking), il s’agit d’inciter les « chercheurs-entrepreneurs » à optimiser leur productivité, et les gouvernants à aménager des conditions institutionnelles, juridiques et culturelles attractives aux yeux des investisseurs. Quantifier ainsi le travail scientifique et l’art de gouverner n’est pas neutre.

En explorant la genèse et la rationalité au principe de l’EER, ce livre se propose d’en déchiffrer les effets politiques sur la société européenne en formation.


Isabelle Bruno est maître de conférences en science politique à l’université Lille 2 et membre du Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS).

 

Sommaire :

 

  • L'espace européen de la recherche : petite histoire et grands enjeux
    • La fabrique d'une recherche "européenne"
    • "Inventée en Europe, breveté aux Etats-Unis, fabriqué au Japon"
    • "Construire le marché commun de la recherche et de l'innovation"
  • Objectif : 3% du PIB
    • De Lisbonne à Barcelone : l'entrée en lice des Etats
    • De Barcelone à Bruxelles : la course à la compétitivité
  • De la mise en statistiques à la mise en compétition
    • Des manuels de l'OCDE au système statistique européen
    • Chiffrer et déchiffrer les indicateurs S & T
    • Conclusion - Chercheurs européens, encore un effort si vous voulez rester compétitifs !


introduction :


Mars 2000 : un Conseil européen extraordinaire se réunit à Lisbonne. Quoiqu’il n’ait pas fait les gros titres et demeure inconnu du grand public, ce sommet marque un tournant dans l’histoire de la construction européenne. Les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Union lui ont en effet assigné « un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ».
Dans leurs conclusions, cet objectif prend corps dans un programme décennal en deux volets, visant d’une part à « préparer la transition vers une économie compétitive, dynamique et fondée sur la connaissance » ; et d’autre part à « moderniser le modèle social européen en investissant dans les ressources humaines et en créant un État social actif ».
En mettant sur l’agenda les problèmes d’emploi, de formation professionnelle et d’exclusion, ce premier « sommet de printemps » a été présenté à l’époque, aussi bien par les universitaires que par les syndicalistes ou les sociaux-démocrates, comme l’acte de naissance de l’« Europe sociale », comme la « revanche de Maastricht ».
Et pour cause, ce qu’on a appelé la « vague rose » avait déferlé sur l’Europe depuis mai 1996, amenant au pouvoir des majorités de centre-gauche dans onze États membres sur quinze. Lorsque les Portugais prennent la présidence de l’Union début 2000, leur Premier ministre Antonio Guterres, qui se trouve alors être à la tête de l’Internationale Socialiste, peut donc mettre à profit un contexte propice au consensus pour tenter de surmonter les antagonismes inhérents aux questions extra-économiques. Le contexte est d’autant plus porteur qu’il conjugue les promesses de la « vague rose » avec celles de la « nouvelle économie ». On attend de la première l’ouverture d’une « troisième voie » qui bâtirait une « Europe sociale » enfin réconciliée avec la compétitivité industrielle ; et de la seconde, une croissance « vertueuse » – c’est-à-dire non inflationniste – fondée sur l’« immatériel » et le « capital humain », accompagnée d’un « retour au plein-emploi ».
Forte de cet unanimisme politique et économique, la présidence portugaise met donc au point une stratégie qui se veut à la fois globale et pragmatique. Globale dans la mesure où elle concerne aussi bien les politiques d’entreprise, de recherche et d’innovation, que la réforme des systèmes de retraites, d’éducation ou de santé. Pragmatique car elle délaisse la méthode communautaire traditionnelle, qui s’est certes montrée utile pour réaliser le Marché commun, mais qui apparaît désormais inopérante pour aller au-delà d’une Union économique et monétaire.
La stratégie – dite « de Lisbonne » – envisage donc bien la continuation de la construction européenne mais par d’autres moyens ; moyens qui ne sont plus diplomatiques ni juridiques, mais managériaux et disciplinaires. Elle entend remédier à ce qu’elle diagnostique être des problèmes d’action collective, en ayant recours aux solutions proposées par les tenants du New Public Management pour gérer efficacement l’organisation européenne, sur le modèle d’une « bonne gouvernance ». Là réside toute l’originalité de la stratégie de Lisbonne : dans la démarche qu’elle inaugure en aménageant un dispositif de coopération intergouvernementale, prétendument ouvert à tous les acteurs et baptisé de ce fait : Méthode Ouverte de Coordination (MOC pour les intimes). Avec le benchmarking pour pièce maîtresse, ce dispositif fonctionne à l’incitation, à l’émulation entre pairs et à la surveillance multilatérale, sans recours à la contrainte légale. C’est par la valorisation des performances nationales, leur quantification et la publicité de leur classement, qu’il plie les dirigeants étatiques à la discipline d’une gestion par objectifs. Autrement dit, les nouveaux champs investis par l’Union, sous la bannière de la MOC, ne font plus l’objet d’une intégration par le droit mais d’une européanisation par le chiffre.
Cet ouvrage se propose de mettre en évidence les effets politiques produits par la médiation du benchmarking dans les relations intergouvernementales. Plus précisément, il entend exposer comment l’ingénierie managériale de la MOC transforme les modes de pilotage et d’administration des activités de recherche, conçues non plus comme source de puissance étatique ou de savoirs collectifs, mais comme producteurs d’innovations brevetables et de propriétés intellectuelles. L’intention de son auteur est double : déchiffrer le discours et les pratiques qui réalisent un Espace Européen de la Recherche (EER) en engageant les États membres dans une compétition effrénée pour attirer les capitaux et les cerveaux ; montrer en quoi ce dispositif actualise la grandeur compétitive comme mesure de toute chose.
Après avoir retracé l’histoire de l’Europe de la recherche, seront identifiés les promoteurs du projet totalisant d’une « économie de la connaissance ». Nous tâcherons d’éclairer le travail de rationalisation et de contextualisation par lequel ils confèrent au dessein d’un « marché commun de la recherche et de l’innovation » la force de l’évidence et de la nécessité.
Une attention toute particulière sera portée à la fabrique du benchmark des 3% d’investissement en R&D comme signe de ralliement destiné aux gouvernants nationaux. Cet exemple nous servira de révélateur pour mettre au jour la bataille politique qui se joue dans l’ombre du consensus affiché par le Conseil européen.
C’est au sein des comités dits techniques et des offices statistiques qu’éclatent des conflits sur les critères pertinents d’évaluation, que des controverses se déclenchent sur la définition des indicateurs communs et que se nouent des alliances pour convenir des cibles à atteindre. En d’autres termes, c’est là que les cycles de benchmarking trouvent leur source de scientificité et de légitimité. Par la mise en nombre et la mise en comparaison des résultats nationaux, ils rendent visibles leurs écarts de performance dans des palmarès qui réordonnent « grands » et « petits » pays à l’aune d’une grandeur compétitive.
Or celle-ci, loin de préexister à l’opération qui la mesure, procède précisément des conventions d’équivalence par lesquelles les gouvernants acceptent de livrer leurs gouvernés à une course sans relâche pour faire advenir un « capitalisme cognitif » en Europe.
L’EER illustre la construction d’un espace européen d’équivalence, où la commune mesure ne sert pas l’égalité sociale et spatiale mais une mise en compétition des populations et des territoires. Son exploration est riche d’enseignements sur la manière dont la gouvernementalité libérale agence la confrontation d’espaces localisés de compétitivité dans un espace globalisé de concurrence. C’est en discernant les lignes de force de cette nouvelle géographie politique que nous espérons dégager des prises à l’exercice d’une pensée critique et de résistances pratiques. […]

10.11.2008

Le parti socialiste où l'interminable agonie idéologique

Chassez Ségolène Royal par la grande porte, elle revient par la petite!

Après l'échec de la présidentielle, Ségolène ROYAL reste, néammoins leader du parti socialiste. Nous ne recommencerons par un énième article pour exposer l'arrivisme ségolénien mais plutôt le néant total dans lequel se trouve le parti socialiste à une semaine du Congrès - soit-disant historique - de Reims.

 

Ce parti apparaît tellement divisé que la synthèse qui s'annonce semble plus être une solution d'appareil qu'une réelle volonté de contruire un projet de société. Après, le vote des motions de la semaine dernière, les rapports de force sont clairement visibles :

motions PS novembre 2008.jpg

Malgré la forte poussée de l'aile gauche du parti derrière Benoït HAMON et l'échec des strauss-khanniens derrière DELANOE, c'est quand même Ségolène ROYAL qui reste en tête, même si cela est de peu (4% par rapport à ses gros concurrents). Le parti socialiste se présente donc comme très majoritairement au centre (54% contre 44%pour l'aile gauche).

Du coup, sous la présidence de Ségolène Royal, l'autisme de ce parti, légué par son ex-mari (François Hollande), va pouvoir se perpétuer : faire la synthèse entre des gens de gauche et de centre droit plutôt que d'éclater et permettre à la gauche démocratique qui ne se reconnaît plus dans les partis actuels (pc, verts, mrc...) de fonder un nouveau parti ainsi qu'aux centristes du clan Strauss-Khann & Delanöe de s'unir aux sympathisants du Modem!

 

America is Ba(ra)cK !!!

obama.1201801546.jpgL'optimisme politique est une denrée rare depuis quelques décennies... Pourtant, on peut être noir, issu d'un père étranger, outsider de la politique traditionnelle et devenir l'homme le plus puissant de la planète! Les Etats-Unis renouent ainsi avec leur mythe fondateur : le self-made-man.

Et Barak OBAMA est un symbole d'espoir sans précédent tant pour l'alternative politique qu'il semble proposer aux Américains, après 8 années catastrophiques sous Bush, que pour les droits civiques, couronnant ainsi deux siècles de lutte, d'abord contre l'esclavage, puis contre la ségrégation et enfin contre la discrimination. Un nouveau chapitre de l'Histoire semble  donc commencer à s'écrire...

 

 

 

 

 

Mais il ne faut pas attendre des merveilles de la nouvelle administration américaine :

 

Structurellement déjà, le parti démocrate correspond à la droite modérée en France - c'est à dire de l'aile droite du PS (avec Strauss-Kanniens), en passant par le Modem (même idéologie que l'aile droite du PS), jusqu'aux modérés de l'UMP (ce qui reste du clan chiraquien comme de Villepin). Du coup, on ne peut pas vraiment parler d'une gauche aux Etats-Unis et les questions de redistribution sociale restent toujours limitées. Il faut dire que, coté républicain, contrairement à l'UMP en France, le principe même de redistribution fiscale n'est pas ou très mal accepté. Le bouclier fiscal à 50% réalisé par Sarkozy apparaîtrait là bas comme une mesure encore socialiste!!! Le seul espoir est que le courage politique d'Obama l'amène à réaliser une CMU, comme Chirac l'a fait en France, et sauver les 4 millions de victimes des subprimes, ce qui ne serait déjà pas mal pour un président américain...

 

Ensuite, en politique étrangère, il y a toujours eu, comme en France, une Union Sacrée : rappelons nous que les deux guerres d'Irak ont été votées avec le soutien des parlementaires démocrates au Congrès. D'autre part, Clinton n'a jamais haussé le ton face à la politique de colonisation israélienne et n'a pas hésité à utiliser la force sans aval de l'ONU en Irak en 1996 et 1998 ou au Kosovo en 1999... La question du retrait de l'Irak devrait donc peu différer de celle qu'aurait mis en place Mc Cain. Dans 16 mois, des dizaines de milliers de soldats américains seront encore en Irak à moins qu'une force régionale ne prenne le relais (et heureusement car sinon ce sera le chaos). Le seul espoir est de voir les Etats-Unis rompre avec l'unilatéralisme diplomatique pratiqué par Bush

 

Enfin, et c'est là le point le plus important, en matière économique, les Démocrates sont, historiquement, ceux qui sont le plus protectionnistes. Il faut donc s'attendre à ce que l'Amérique se reconstruise de l'intérieur, laissant le reste du monde de dépêtrer dans la crise... Sur ce dernier point, hélas, l'Europe, avec la France en tête (Sarkozy en est le président tournant), est devenue la plus grande gardienne de la mondialisation libérale et cela est visible avec le contrôle qu'elle a sur le FMI (Strauss-Khann) ou l'OMC (Lamy). Il ne faut donc pas s'attendre à un plan de relance économique plus fort en Europe qu'aux Etat-Unis, bien au contraire... Sur ce point, donc, l'espoir pour les Américains risque de virer au cauchemard pour les autres...

 

En conclusion, en dehors de la leçon de démocratie donnée par les Etat-Unis avec l'élection d'un homme noir, le retour de la droite modérée à la Présidence américaine n'aura pas de grandes retombées positives pour le reste du Monde, mais pas de grandes retombées négatives non plus, ce qui nous changera de l'ère Bush! En revanche, du coté européen, nous pouvons nous  faire le plus grand souci : le nouveau petit Bush européen ressemble étrangement à notre Sarkozy...

 

 

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