25.04.2006
"V against de Villiers": la leçon du film "V for Vendetta"
Au moment ou Philippe de Villiers sort son ouvrage sur le péril islamiste, le film "V for Vendetta" nous projette dans ce que pourrait être notre pays après vingt années de son règne, bien que l'action se passe dans une Angleterre du futur. C'est un monde terrifiant où la religion deviendrait le pilier central de toute une politique intérieure fascisante, dirigée contre les musulmans, les homosexuels, les "gauchistes" et tout ce qui peut nuire à l'odre intégral. Bref un monde d'où les mots "laïcité", "démocratie" et donc "justice" seraient effacés...
Ce film, tiré de la BD du même nom est une oeuvre visionnaire, au regard de ce qu'il se passe aujourd'hui : elle accuse les autorité d'avoir dirigé des attentats intégristes contre leur propre population, pour accroître le sentiment de "peur" et pousser vers "l'ordre", les médias se faisant l'outil de tout cela: étrange impression de déjà vu en septembre 2001 et avril 2002. La sortie du film était initialement prévue en novembre 2005, mais par égard pour les londoniens victimes d'une vague d'attentats en juillet 2005, elle a été retardée. En effet, ironie de l'histoire, la trame du film se situe autour d'une vague d'attentas sur Londres dans les années 2020. Mais on croit être aujourd'hui!
A voir absolument!
18:00 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24.04.2006
Polémique sur un documentaire...

A l'occasion de la diffusion par arte, ce lundi 24 avril, du "cauchemard de Darwin", lz polémique gronde déjà autour de ce film documentaire engagé qui a rencontré un grand succès en salle (comme pour Fareneight 11/09 et d'autres films documentaires avant eux). On accuse son auteur de manipulations et de fausses données...
Petit rappel :
Le film documentaire est un format assez particulier car il donne le point de vue d'un auteur. Contrairement au reportage journalistique, il assume son coté partial et ne dit pas LA vérité, mais UNE approche d'une question. Donc oui ce film est discutable et heureusement d'ailleurs!
Il présente, au moins, l'avantage de sortir un peu du silence médiatique autour de l'Afrique, continent délaissé...
Comme je n'aurais rien a ajouter qui n'ait été déjà dit, je vous soumet des morceaux choisis :
- Pour ceux qui n'ont pas vu le film, et en guise de synopsis, la critique de Matthieu Kassovitz :
"J'ai raté à sa sortie ce film extraordinaire au titre bizarre. Je m'en mord les doigts, mais heureusement le DVD vient d'etre edité par AD VITAM et je vous recommende chaudement de vous plonger dans cette oeuvre qui peut changer votre vue sur le monde et ses disfonctionnements.
En Tanzanie, le lac Victoria, un des plus grand lac au monde, regorge d'un poisson introduit par l'homme. La perche du Nil a completement changée l'ecosysteme du lac en en devenant le predateur ultime.
Autour du lac, des pecheurs vivants dans les conditions de pauvretés les plus extreme, travaillent pour quelques centimes par jour pour le compte de compagnies étrangères qui exportent la chair du poisson en Europe.
500 tonnes de poissons par jours sont pechées par les villageois qui n'ont d'autres recours pour survivre que cette pèche ou la guerre (quand il y en a), et chaque jours, pendant que deux millions d'européens mangent le fruit de cette pèche, la famine détruit la Tanzanie.
Pour amener les poissons jusqu'aux restaurants d'Europe, des Iliouchine Russe transportent 55 tonnes de fret par voyage.
Ils atterissent rarement vide sur le petit aéroport du village sans aucun controle militaire...
Le cauchemar de Darwin c'est le systeme economique qui détruit notre planète et ses habitants contre tout bon sens.
Hubert SAUPER a réussi un film qui symbolise à l'extreme la situation de notre société. Il aurait pu s'interesser aux ramasseurs de caoutchouc, ou au traffic de bois pour suivre le trajet de ces produits jusqu'à nos supermarchés, mais en choisissant de se pencher sur un village de pecheurs en Tanzanie, il raconte comment l'economie mondiale participe au génocide de l'Afrique sans se poser de questions...
C'est beaucoup plus qu'un film sur la mondialisation, c'est un film sur l'Homme.
La perche du Nil, prédateur de son éco-systeme, s'asphyxiant petit a petit en détruisant tout ce qui en règle naturellement la balance, et qui dévore ses propres petits, en est le symbole.
C'est le film le plus puissant et important que j'ai eu la chance de voir depuis de nombreuses années."
source : www.matthieukassovitz.com
- Pour mieux comprendre la polémique qui éclate : "Darwin ou le malentendu documentaire", par Michel Guerrin et Jacques Mandelbaum, in Le Monde, 27 mars 2006 :
C'est aussi parce que le film a beaucoup été vu qu'il est devenu objet de polémique. Dans la revue Les Temps Modernes (n° 635-636), l'historien François Garçon a contesté la réalité des faits alignés par Hubert Sauper. Pour se faire sa propre idée, un journaliste du Monde s'est rendu dans la ville de Mwanza, au bord du lac Victoria, où a eu lieu le tournage (Le Monde du 4 mars). Selon notre enquête, trois aspects du film posent problème : après dépeçage des poissons, les carcasses ne seraient pas destinées à la population, mais aux poulets et aux porcs ; cette activité économique participe au développement de la population locale et non à son appauvrissement ; il n'y a aucune preuve du lien entre le transport du poisson et un trafic d'armes, alors que ce lien, suggéré dans le film, figure sur l'affiche et en assurait la promotion.
Pour sa défense, Sauper livre un argument brandi par un nombre toujours plus grand de documentaristes : "Mon langage à moi, c'est celui du cinéma." Sous-entendu, il faut juger le film au regard de la subjectivité du cinéaste. Sauper a sans doute intellectuellement raison. Pratiquement, ce n'est pas si simple. Le Cauchemar de Darwin participe de l'arrivée en force, dans les salles de cinéma, de films qui se situent sur le terrain de l'actualité et de l'information, plongent dans la politique et l'économie mondiales, décortiquent les pouvoirs en place. On pense aux brûlots de Michael Moore, notamment Fahrenheit 9/11, qui dresse un portrait au vitriol de George Bush, ou Mondovino, de Jonathan Nossiter, qui montre comment la mondialisation formate les exploitations viticoles. Leurs auteurs se placent sur le terrain du journalisme avec d'autres armes, au sens où ils réalisent des enquêtes à charge au nom d'une profession de foi explicite. Mais on voit bien l'ambiguïté de tels sujets au cinéma : si les partis pris ne sont pas clairement affichés sur l'écran, ce qui se veut un projet allégorique peut être perçu par le public comme une accumulation de faits irréfutables.
On peut reprocher à Hubert Sauper d'avoir insuffisamment manifesté cette subjectivité en jouant sur les seules apparences du reportage et du témoignage filmé. Sauper avance "masqué" dans un film-essai qui se présente comme une enquête froide. C'est sans doute ce qui a nourri la polémique, à l'inverse d'autres films qui pourraient être pareillement contestés. Au-delà, les grands cinéastes dits documentaires - Jean Rouch, Johan Van der Keuken, Robert Kramer ou Raymond Depardon - ont montré que le cinéma moderne a depuis longtemps fait sauter les frontières qui séparent le documentaire de la fiction, affirmant ici et là la primauté subjective du point de vue et l'ambiguïté qui lui est liée.
MANIPULATION OU TRAHISON
L'histoire du documentaire, en raison du malentendu qu'entraîne sa définition, est semée de polémiques récurrentes sur la manipulation ou la trahison de la réalité. Rappelons deux exemples célèbres. Nanouk l'Esquimau (1921), de Robert Flaherty, filme la vie quotidienne de Nanouk et de sa famille dans le Grand Nord canadien. La sortie triomphale du film suscite une polémique sur la "mise en scène" de Flaherty, qui aurait reconstitué une scène de pêche fictive, bricolé un igloo aux dimensions extravagantes, fait fabriquer des vêtements pour les acteurs du film, réinventé une réalité dont beaucoup d'éléments étaient au mieux caducs au moment du tournage, au pire inexistants. Cette approche idéologique du réalisateur, sous laquelle se devine une attitude hostile aux mutations de la modernité, n'empêche pas le film d'être un magnifique témoignage, fût-il reconstitué et idéalisé, sur la culture traditionnelle des esquimaux.
Terre sans pain (1933), de Luis Buñuel, est un film de dénonciation poussé au noir de la misère de la population des Hurdes, en Espagne. Le cinéaste et critique Jean-Louis Comolli découvre, en 1996, les rushes du film à la Cinémathèque de Toulouse. Révélant ce que Buñuel a délibérément rejeté (des manifestations de solidarité communautaire, de tendresse, d'enthousiasme...), ceux-ci confirment le parti pris de mise en scène du film, qui consiste à priver cette population de son humanité : "Choix de montage, c'est-à-dire choix de sens et de ton. Noircir le trait. Forcer la note. (...) La misère est insupportable ? Que son spectacle lui aussi le devienne. Car la question du cinéaste est toujours la même (c'est une question politique) : comment réveiller en chaque spectateur les doutes et les crises que le spectacle a plutôt pour mission de refouler et d'éloigner ?", écrit Comolli.
Ces exemples montrent que tout film est d'abord une représentation, une reconstitution de la réalité, un état non pas du monde, mais du rapport du cinéaste au monde qu'il filme, rapport qui ne s'exempte pas des enjeux idéologiques, moraux et culturels de l'époque dans laquelle le film s'inscrit. Tout film, y compris documentaire, est à ce titre un mensonge dont on peut au mieux espérer qu'il soit mis au service d'une vérité.
Avec le film de Sauper, on n'est pas loin du principe selon lequel "la fin justifie les moyens". Pour certains, ceux qui considèrent sa lecture de l'usine de poissons comme un contresens ou que tout n'est pas à jeter au lac dans la mondialisation, le cinéaste est allé trop loin. D'autres salueront la tonalité allégorique et pamphlétaire d'un film remarquable sur l'exploitation séculaire de l'Afrique. On entre ici dans un débat politique qui dépasse l'objet du litige. Au plan du cinéma, Johan Van der Keuken confessait avant sa mort : "Peu importe la tricherie, le fond doit être sain." Il ajoutait : "La peste du documentaire, c'est de vouloir expliquer le monde sans cet énorme trou du doute, du non-savoir."
lien : www.lemonde.fr
15:15 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.04.2006
2006 : fin de la Vème République

Les trois premiers actes se sont déjà joués
En avril 2002, déjà, la Vème République a pris un grand coup dans l'aile: la présence au second tour de l'extrême droite, pourtant tenue à l'écart de la représentation nationale par l'instauration du scrutin majoritaire, a été la première étape de l'effondrement du système. Le deuxième étape a eu lieu il y a un an : la constitution a été modifiée à Versailles (sic!) par les parlementaires pour être en conformité avec la constitution européenne, en prévision d'un OUI au référendum du 29 mai. Un an plus tard, l'élite politique française, qui a échoué son tour de force du référendum, n'a toujours pas tiré les leçons du NON. Au mois novembre 2005, une dynamique destrutrice a embrasé les banlieues françaises, effrayant la population des beaux quartiers qui prennent subitement conscience qu'une partie non négligeable de la population, qu'elle méprisait et que la société a laissé partir à la dérive, devient subitement incontrôlable.
Le quatrième acte est en train de se jouer
Le vent de fronde de la jeunesse qui souffle sur le CPE est subitement récupéré par la CFDT et des socialistes, qui s'en croient les porte-paroles. Le gouvernement croit qu'il a à faire à un Nième bras de fer avec l'oppostion et ne veut pas perdre la face, à cause des échéances électorales de 2007... Vendredi 31 mars, Chirac était attendu pour jouer son rôle gaullien de Président au dessus des partis, mais il n'en a rien été...
Les élites sont dépassées et le peuple gronde dangereusement...
Un Président illusionniste amateur
Selon un sondage BVA pour le quotidien Les Echos et BFM publié hier (04 avril), 62% des sondés apportent leur soutien aux grèves et aux manifestations (69% pour la première journée de mobilisation unitaire du 18 mars).
Les propositions du Président sur le CPE (période d'essai réduite à un an et absence de justification du licenciement), après sa décision de promulguer la loi sur l'égalité des chances, sont jugées insuffisantes pour 55% des sondés (36% de favorables). Les concernés (les 15-24 ans) sont plus sévères : 59% jugent ces avancées insuffisantes!
La boîte de Pandore est ouverte
En décidant de promulguer la loi tout en demandant de ne pas faire appliquer le texte, Chirac a réussi ce qu'aucun Président n'avait fait avant lui sous la Vème République : il a fusillé la Constitution. En effet, le Professeur D. Rousseau (juriste) a déclaré que «la situation est très grave. Dans l'affaire du CPE, l'Etat de droit, la Constitution ne sont pas respectés» et a rappelé, que selon la loi, le fait d'appeler à ne pas faire appliquer une loi est un crime passible de 5 ans d'emprisonnement, peine triplée pour les élus de la nation...
Demain la Révolution?
Si Sarkozy échoue dans les négociations avec l'opposition (représentant, maintenant, les 2/3 des Français, cf sondage ci-dessus), alors il y a fort à craindre pour les semaines qui viennent... Pour Antonio Gramsci, les Français sont un peuple réellement révolutionnaire car ils ont sû guillotiner leur roi.
Pour méditer, une pensée de Gramsci : « on peut ainsi définir une situation de crise: l'ordre ancien est moribond, et ce qui est nouveau n'arrive pas à venir au monde. Durant cet interrègne, toutes sortes de symptômes de morbidité font leur apparition. »
19:30 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
07.02.2006
Cessons l'hypocrisie !!! Réveillons les laïcs !!!
Si, d'aventure, il vous prenait l'envie de vous promener au palais de Topkapi, à Istanbul, vous pourriez contempler plusieurs reliques attribuées au prophète musulman : poils, cheveux et os... Il s'agit là de bien plus que de représentations! Mais là n'est pas la question : certes, l'islam interdit toute représentation du prophète, mais dans une société laïque, qu'est ce que cache l'affaire des caricatures?
L'ordre moral est en train de revenir!
Il semble que le devoir des laïcs soit de se réveiller car, si l'on ne fait rien, les religions vont les étrangler !!! Les catholiques se sont fait botter les les fesses sous la Troisième République et depuis ils s'étaient calmés. Mais il semble que le dynamisme des musulmans soit capable de rallumer le feu que l'on croyait éteint... La laïcité et la République sont indivisibles alors tous ceux qui veulent que leur religion soit supérieure à ces principes sont des ennemis de la République!!!
15:30 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.02.2006
Les caricatures du prophète
Le prophète a été caricaturé!!!
Catastrophe chez les croyants, levée de bouclier d'une partie de la presse au nom de la liberté d'expression, problème de portée internationale... La religion n'est pas un sujet de rigolade !
Je parle évidemment de l'affiche du film sur Larry Flynt, qui a été soudainement interdite dans la plupart des pays qui diffusaient le film, au bout de quelques jours de diffusion, sous la pression des associations catholiques!
Moralité de l'histoire : Reporter sans frontières s'offusquera, au nom de la liberté de la presse, du fait que l'on interdise des caricatrures du prophète musulman dans la presse européenne, mais personne ne s'est battu pour sauver la peau de Milos Forman quand l'affiche de son film (Larry Flynt) a été censurée! Les médias européens ont donc bien un vision partiale de la liberté d'expression : beaucoup sont, de fait, pro-chrétiens!
Alors, caricaturons les prophètes, tous les prophètes !
PS: Les Anglo-saxons (USA & GB) dénoncent les caricatures publiées en Europe, mais ils oublient que ce sont eux qui déstabilisent le Moyen-Orient depuis 50 ans et ce sont encore eux qui ont soutenu les islamistes contre les communistes dans les années 1980...
En bonus, au risque d'être viré par la rédaction en le publiant :

"oui la liberté de la presse doit être défendue. mais la laïcité qui me parait encore plus importante si on peu hiérarchiser des principes, comprend non seulement la non ingérence des religieuses(enfin!) dans la vie publique mais aussi le respect des convictions. Nous sommes piégés parce que pour faire respecter comme il se doit la liberté nous sommes entraînes dans un conflit entre islamophobes et intégristes. Bon il faut le faire mais sans se laisser entraîner à diaboliser tous les musulmans."
20:00 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (56) | Envoyer cette note
10.01.2006
La chute des faucons...
A quelques jours d'intervalle, Ariel Sharon et Dick Cheney, sont hospitalisés en urgence...
Une différence de traitement par les médias entre les deux hommes est perceptible:
Dick, qui est resté plus faucon que jamais, a fini de ternir son image avec le cyclone Katrina, après avoir fait l'objet de violentes critiques concernant les marchés qu'il s'est lui-même attribués dans l'Irak sous occupation. Aujourd'hui la mort de Dick ne bouleverserait personne et soulagerait même jusqu'à la Maison Blanche...
Ariel, l'homme de Sabra et Chatila, lui, a su faire le pari de la libération de Gaza (qui était de toute façon très couteuse à tenir, vu le petit nombre de colon qui y vivaient) et s'est attiré les lauriers de l'opinion internationale (qui ferme volontiers les yeux sur la colonistion de Jerusalem-est depuis). Aujourd'hui la mort d'Ariel provoquerait un tremblement de terre politique au Proche-Orient, car elle ferait peser une épée de Damoclès sur la suite du processus de paix
Moralité : à devenir Jedi, on n'est pas plus à l'abri de la mort qu'en restant du côté obscur de la force, mais on y gagne une part d'éternité (cf Anakin pour les fans)
La semaine prochaine nous nous poserons la question de savoir si Starwars est en train de détrôner la Bible...
14:55 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



