11.10.2008
Erratum : finalement le cycle économique actuel colle plus avec celui de la crise de 1929
Dans un précédent article intitulé "Entre crise boursière durable et récession économique assurée", publié le 28 août 2008, nous avions été un peu visionnaires dans le titre, mais pas assez catastrophistes dans les chiffres. En effet, le graphique alors proposé se basait sur une répétition de la crise "conjoncturelle" déjà survenue en 2001-2003. Or, dans ce modèle, le CAC40 n'était pas censé passer sous la barre des 3600 points...
Avec la semaine écoulée, force est de constater que nous sommes dans une configuration tout à fait différente de 2001 : cette fois, en un an, la bourse a perdu plus de 40% de sa valeur passant de plus de 5600 points en octobre 2007 à moins de 3200 points ce vendredi 10 octobre 2008. Le seul équivalent historique est la crise de 1929 ou la bourse a aussi dévissé de plus de 40%!
Comparaison des deux courbes :
17:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 1929, actualité, économie, sarkozy, crise, récession, bourse
06.09.2008
Oyé! Oyé! Sortie mercredi de "Siné Hebdo" parce que "Charlie hebdo" c'est fini!
Mercredi va paraître le numéro 1 (et fort attendu) "Siné Hebdo", hebdo satirique au prix de 2 euros. Seize pages.
Siné résume ainsi la ligne éditoriale : "A l'insu de mon plein gré, j'ai réuni, sous ma bannière de pestiféré, une bande de trublions, bien décidés à ruer dans les brancards." Parmi ces trublions, Guy Bedos, Christophe Alévêque, Didier Porte, Benoît Delépine, Bruno Gaccio, Michel Onfray, Jackie Berroyer, Geluck, Tardi, Vuillemin...Bref que des grands noms!!!
Après son licenciement de Charlie Hoebdo (voir article précédent), Siné a été attaqué par une grande partie des éditorialistes français, accusé d'antisémitisme parce qu'il avait commis une plaisanterie, pas forcément drôle, sur Jean Sarkozy.
Après avoir été victime d'une fatwa médiatique, l'heure est maintenant à la riposte!!!
18:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : charlie hebdo, siné, actualité, médias, religion, france, politique
26.08.2008
Quand la Russie joue à l'OTAN
La Géorgie paie, en dommage collatéral, la politique aventureuse des Etats membres de l'OTAN qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo au printemps dernier. D'un point de vue slave, cette "avancée" politique avait été vécue comme une insulte et maintenant il est intéressant de voir l'air courroussé de nos chefs d'Etat ou responsables diplomatiques s'alarmer de la "violation" du droit des peuples... Mais rappelons que l'Abkhazie et l'Ossétie sont des régions depuis fort longtemps autonomistes, comme l'était le Kosovo au sein de la Yougoslavie avant son éclatement... Déjà au début de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie, en 1991, la reconnaissance unilatérale par l'Allemagne de l'indépendance de la Croatie avait entrainé un bain de sang que les Bosniaques ont ensuite payé au prix fort...
Alors, qui a des leçons à donner ou à reçevoir de qui dans l'histoire? l'OTAN ou la Russie?!
Ce qui est certain c'est qu'une fois de plus, ce sont les peuples qui paient - et qui vont encore payer - au prix fort les manoeuvres diplomatico-militaires des grandes puissances. Donc, en soi, Medvedev ne se trompe pas quand il dit que tout est comme en 1914...
La différence avec les guerres d'ex-Yougoslavie, c'est que cette fois-ci c'est la France et l'OTAN qui soutiennent le petit Milosevic local : Michael Saakachvili, dont la répression contre l'opposition et le nationalisme exacerbé sont reconnus...
22:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : russie, otan, ossétie, géorgie, guerre, actualité
Entre crise boursière durable et récession économique assurée
Tous les économistes, les journalistes des grands médias et les responsables politiques commencent à préparer le public à une évidence : la crise est là! Certes on va chercher à minimiser l'ampleur du phénomène en disant que le pire est passé mais les faits sont là : toute crise commence par une crise boursière qui se finit en crise économique (en l'occurrence une récession).
Le gravité de la crise qui s'annonce est telle que nous n'avons pas fini le cycle de chute boursière que la récession a déjà commencé : le PIB s'est réduit de 0,3% au second trimestre et la saison touristique a été tellement mauvaise que tout le monde s'accorde à dire que le troisième trimestre sera pire encore!
Or, selon la théorie des cycles économiques, qui se vérifie à chaque fois (et notamment entre 2000 et 2003 - voir graphique : cycle 1) il n'y a aucune raison que cette fois encore cela ne se passe pas ainsi (dans le meilleur des cas car une récession si rapidement arrivée après une crise boursière est un fait inédit en économie). Nous en avons donc, vraisemblablement encore pour un an et demi de baisse boursière (voir graphique : cycle 2), ce qui aura pour effet d'aggraver encore la crise économique...
21:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité, économie, sarkozy, crise, récession, bourse
Jeux de Pékin et autocensure...

Chers lecteurs,
durant toute la durée des Jeux Olympiques de Pékin nous avons gardé le silence, non parce que nous étions trop occupés à buller dans le remoud de la Grande Bleue mais en signe de soutien à tous les blogueurs chinois qui ont le choix entre se taire et finir emprisonnés!
On ne parle que de la répression au Tibet, mais que dire du silence complice des Occidentaux et du CIO par rapport à la chape de plomb que subit le peuple chinois?
Un enseignant a été incarcéré pour avoir osé se poser la question sur son blog de pourquoi les écoles étaient les édifices qui avaient le plus souffert du tremblement de terre de ce printemps...
Même dans le traitement de l'actualité relative aux Jeux, il était presque tabou de remettre en cause l'age de certaines athlètes chinoises, fusse le CIO lui même, puisque Mr. ROGUE a parlé de Jeux "exceptionnels"...
21:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pékin, jeux olympiques, jo, sport, chine, actualité
26.07.2008
Charlie Hebdo ou la laïcité à sens unique!!!

"Siné, le dessinateur, est donc anti-sémite. La police de la pensée qui sévit en France en a décidé ainsi. A mort donc Maurice Siné: il doit être banni de l'espace médiatique. Le patron de Charlie Hebdo, Philippe Val, celui-là même qui se pique de défendre les « démocrates » algériens contre les intégristes, celui qui défend la liberté de la presse contre la prétention des musulmans à l'empêcher d'insulter leur prophète, l'a immédiatement licencié.
En France, oser parler de « lobby sioniste » déclenche automatiquement l'accusation majeure d'antisémitisme. Dans le meilleur des cas, on vous reprocherait un penchant à l'exagération, voire aux théories du complot. Dans le cas de Siné, il a suffi qu'un potentat du Nouvel Observateur, Claude Askolovitch, pour ne pas le nommer, décrète qu'il est coupable d'antisémitisme pour que la sentence de mise à mort tombe. Siné a pourfendu de manière outrancière les musulmans, cela n'a guère suscité le moindre émoi. Mais dans le cas d'espèce, le dessinateur a franchi la « ligne rouge » fixée par une camarilla de propagandistes de la cause sioniste qui impose ce qu'il est bon de penser et ce qui est interdit, en se moquant gentiment de la conversion au judaïsme du fils du président français pour convoler avec une héritière de Darty. Gageons que si le fils de Sarkozy avait voulu épouser la fille d'un émir musulman, le dessinateur l'aurait moqué de la même manière. Mais, ce qui est valable pour l'un ne l'est pas pour l'autre.
On peut déverser des torrents d'âneries et de méchancetés sur les musulmans - et Charlie Hebdo s'en est fait une spécialité -, cela relèvera de l'exercice de la liberté d'expression reconnue par les lois. Mais cette liberté sacrée s'arrête quand il s'agit d'évoquer le judaïsme ou Israël. L'accusation capitale d'antisémitisme est si facilement brandie qu'il devient quasiment dangereux en France de fréquenter ces thèmes. Même des intellectuels décédés, comme Pierre Bourdieu, ont été accusés, post-mortem, d'être des antisémites. Cela tend au délire. Une sorte de terrorisme intellectuel s'est installé pour sommer tout le monde de s'aligner. Il est interdit de critiquer Israël, mais l'injure et l'outrage sont vivement encouragés en ce qui concerne les Palestiniens et les Arabes.
La règle est donc la suivante: la diffamation de l'Islam et des musulmans au nom de la liberté de pensée est licite, mais cela ne peut s'appliquer pour les juifs et le judaïsme. La ligne d'attaque est qu'il faut tout faire pour assimiler antisionisme à antisémitisme. Dans le cas d'espèce, on est face à un journal supposé satirique qui s'est donné comme vocation de vilipender l'Islam et les musulmans. C'est le terrain privilégié de la liberté d'expression débridée. Mais apparemment, le vieux Siné a oublié qu'il existe chez les commissaires politiques de la pensée un tabou intouchable.
Tous ceux qui ont suivi l'épisode des caricatures du Prophète sont désormais édifiés: le sacré existe dans la France laïque et il mène au bûcher ceux qui l'enfreignent. Siné, qui a dénoncé les tortures en Algérie durant la guerre de libération, avait rassemblé ses dessins dans un album intitulé « Le déshonneur est sauf». Il l'est assurément !
Aux dernières nouvelles, Reporters sans Frontières, qui avait défendu Charlie Hebdo contre les musulmans, n'a encore rien dit sur ce grotesque épisode de la liberté d'expression en démocratie avancée. L'organisation qui pourfend les atteintes à la liberté d'expression à Cuba ou en Chine est apparemment trop éloignée du siège social de Charlie Hebdo."
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5106779&nb...
18:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : charlie hebdo, actualité, religion, politique, censure, france, islam
27.06.2008
200e article publié! Merci chers lecteurs!
MCI, en 2 ans et demi et 200 articles, a déjà reçu près de 30 000 visiteurs et 70 000 pages visitées!
Merci à tous les lecteurs assidus, commentateurs infatigables et contributeurs (certes moins nombreux mais sympathiques aussi)!!!

17:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mci, blog, actualité, politique, humour, journalisme
De Peyrefitte-De Gaulle à Fillon-Sarkozy : un audiovisuel public instrumentalisé et bridé
L'audiovisuel public a toujours été fortement encadré en France.
Dès le début des années 1960,le Général de Gaulle avait compris l'importance de ces médias pour exercer un contrôle de l'opinion publique. Le ministre de l'information, Alain Peyrefitte, était un personnage central du système, prompt à prendre son téléphone pour perturber le journal télévisé 'en direct" si quelque chose le dérangeait...
Certes, sous Giscard et Mitterrand l'étau s'est légèrement déserré, mais virtuellement : on a créé une haute autorité de l'audiovisuel, l'actuel CSA, qui, sous couvert de neutralité (alors que ses membres sont nommés par les autorités politiques) choisit les dirigeants du service public audiovisuel et exerce un contrôle actif des chaînes de télévision et des radios. Mais c'est un contrôle hypocrite qui s'intéresse concrètement à "flouter" toutes les marques et enseignes dans les émissions tandis qu'on nous matraque de publicités ensuite, à censurer le sexe à la télévision tandis qu'on massacre à tout va sans limite de violence, ainsi qu'à décompter les temps de parole des hommes politiques selon des critères toujours biaisés. En effet, ce dernier point est, de loin, le plus grave : le Président ne compte pas pour la Majorité mais pour lui-même, dans un référendum le "non" et le "oui" ne pèsent pas le même poids, le petits partis n'ont pas droit dans leur maigre temps de parole à un tête à tête avec les journalistes mais à une table ronde où leur temps de parole se noie dans la cacophonie...
Certains pleurent donc la réforme Sarkozy de l'audiovisuel, mais, concrètement cela ne changera rien. D'ailleurs, De Carolis, l'actuel président du groupe France télévision, est clairement UMP. Donc il aurait pu être nommé par Sarkozy sans problème!
Le faux-probème du financement de l'audiovisuel public avec la suppression de la publicité.
Déjà, les opérateurs internet et téléphonie sont, à juste titre, mis à contribution : puisque le monde change et l'offre médiatique avec, les modes de financement doivent suivre avec. Mais quand bien même il y aura un énorme manque à gagner restant de l'odre de 20% par rapport à aujourd'hui, rappelons que l'on peut faire mieux avec moins d'argent lorsque l'on n'est plus soumis à l'audimat. Prenez France 5, le "petit-poucet" du groupe : c'est la chaîne qui a l'offre culturelle et pédagogique la plus riche avec un budget quotidien inférieur à 1 heure de "prime-time" de France2 ou France 3. Juste à titre d'illustration, un exemple de tranfert de financement possible pour faire mieux avec moins d'argent : virer les émissions "ça se discute" de Delarue de France 2 = 10 Millions d'euros d'économies. Cela correspond à une vingtaine d'émissions. Avec la même somme on peut financer 200 films documentaires autrement plus intéressants que des talk-show! ON multiplie donc l'offre par 10!
Bref, tout va bien... ou plutôt pas pire qu'avant!
16:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, télévision, actualité, fillon, ortf
12.06.2008
Sarkozy, ce président du Parti de la presse et de l'argent qui veut la peau des bloggueurs!!!
Encore un grand merci à Arrêt sur images pour cet article (lien) qui vient en éclairage du précédent ("loi fasciste en vue pour Internet") sur la "Charte confiance en ligne"!
Vous allez voir quelles sont les ambitions réelles de notre gouvernement et vous comprendrez pour quelles raisons les dispositions de la Charte ont été rédigées : le gouvernement et les grands groupes de presse (qui forment ensemble le PPA - partie de la presse et de l'argent) veulent reprendre le contrôle de l'information pour continuer à abrutir les citoyens qui avaient commencé à se détourner d'eux!
Lisez plutot l'article intégral du 04/06/2008 Par la rédaction d'Arrêt sur Images:
La Sarkozie contre le "problème du Net" : l'heure de l'assaut ?
Cartographie (légèrement parano) d'un encerclement annoncéLe Net est sensationnaliste ; le Net tue la presse ; le Net fait fuguer vos filles ; le Net est installé dans la chambre à coucher de vos enfants : depuis quelques temps, le pouvoir multiplie les signes d'hostilité et d'irritation à l'égard de la Toile.
Désordonnés, ces signes ? Oui, mais de moins en moins. Revue de détail des indices annonciateurs d'une vaste offensive.
On est paranos ? Peut-être. On est sur le Net, nous aussi, après tout. A vous de le dire.
| C'est la longue tribune de Franck Louvrier, conseiller pour la presse de Nicolas Sarkozy, dans Libération du 4 juin, qui nous a plongés dans le doute. Son titre ? L'information de qualité n'est pas soluble dans le haut débit. Tout un programme. | ![]() |
Alors que l'outil devrait permettre le déploiement d'un espace public de discussion et de débat, il semblerait qu'il s'intéresse plus à dévoiler les dessous de la vie privée de chacun, regrette le conseiller. Mise à disposition des informations personnelles, rumeurs anonymes, usage faussement amateur de la vidéo qui consacre la violation de l'intimité et du droit à l'image... Ne faisons pas d'Internet le temple du voyeurisme et sachons préserver l'acquis historique de la sphère privée.
Et pan dans les dents des blogueurs...
Vient ensuite le tour des journalistes :
Conscientes que le gâteau publicitaire de la presse s'est réduit, les rédactions ont entamé sur le web une course à l'audience sans précédent qui, dopée par la pression de l'actualité "en temps réel", fait primer le commentaire sur l'explication et le scoop sensationnel sur l'information vérifiée. Dans l'immédiateté du haut débit se perd le temps de la pédagogie, de l'investigation, de la mise en contexte nécessaire, de sorte que l'on a pu assister dernièrement à des écarts étonnants entre la qualité des journaux papier et celle des sites Internet du même nom.
Pour les non initiés, ces douceurs sont principalement destinées au site internet du Nouvel Observateur, pour la désormais fameuse histoire du SMS (probablement inventé) de Nicolas Sarkozy à Cécilia, Si tu reviens, j'annule tout.
Sur le web, d'autres ont attaqué l'image du président. Comment ne pas penser au site du Parisien , qui l'a sérieusement ébranlé avec sa célèbre vidéo du Casse-toi pauvre con, lâché par Nicolas Sarkozy lors du salon de l'agriculture au passant qui ne voulait pas lui serrer la main.
Auparavant, la séquence d'un président apparemment perturbé au sommet du G8 le 10 juin 2007, avait fait le tour du net. Diffusée par la télévision belge, elle n'avait pas été vue dans les JT des trois premières chaînes, mais avait fait les délices des internautes.
Sous des aspects policés, l'attaque de Louvrier est assez violente. Surtout lorsqu'elle vient d'un des prinicpaux conseillers du chef de l'Etat. D'ailleurs, le discours est proche de celui qu'a tenu Nicolas Sarkozy sur RTL le 27 mai.
Interrogé sur le futur de la presse, l'invité avait d'abord dit son inquiétude, parce que la démocratie ne peut pas fonctionner avec une presse qui serait en permanence au bord du précipice économique". Il avait annoncé la tenue à l'automne d'états généraux de la presse.
Il avait ensuite immédiatement embrayé sur Internet, jugeant que le problème d'Internet est considérable, parce que ce n'est quand même pas sain que le journal soit gratuit. Comment voulez-vous que les gens achètent leurs journaux en kiosques s'il est gratuit sur Internet ?
La position du chef de l'Etat est intéressante. Ou inquiétante pour les fanas d'internet.
D'une main, il aide la presse, au nom de la démocratie. Selon Le Figaro , la toute nouvelle chargée de mission censée étudier l'accompagnement des médias traditionnels confrontés au défi du numérique n'exclut aucune solution, "même fiscale" pour surmonter la crise actuelle.
Au rayon des solutions, on évoque la multiplication des points de vente ou la constitution de plus grands groupes médias.
Mais jamais n'est évoquée la pauvreté du contenu de la presse...
De l'autre main, Nicolas Sarkozy feint de s'étonner de la multiplication des médias sur le web, de leur gratuité, et les qualifie de problème.
Problème pour qui ? Du point de vue de l'Elysée ou des ministères, on peut en effet concevoir que la multiplication des sources d'informations, parfois très virulentes contre le pouvoir, pose question. Davantage d'acteurs déboulant dans le paysage médiatique traditionnel, il faut donc trouver des moyens de les canaliser ou, du moins, de les surveiller.
Garder un œil sur le net, couver le buzz, c'est justement le rôle de Nicolas Princen, ce jeune militant dont la nomination aux côtés de Louvrier en mars avait déclenché tant d'émotion sur le net français.
Nous y allons trop fort ? Le gouvernement ne vient-il pas d'organiser des "Assises du numérique" pour faire de la France une puissance numérique ? Ces Assises sont manifestement tombées dans un trou noir. Ni les médias traditionnels, ni les nouveaux, ne leur ont accordé un large écho.
Morano a l'attaque
Et c'est tout ? Non... Tout le monde le sait, Nadine Morano, récente secrétaire d'Etat à la Famille, est une proche de Sarkozy. Et dans quelle croisade se lance-t-elle, à peine arrivée à son poste ? Dans une guerre contre la "pédo-pornographie" sur internet.
A coup d'interviews dans Le Figaro et Le Parisien , Morano s'indigne des dérives liées à l'utilisation d'Internet et souhaite élargir les compétences du CSA au net.
La secrétaire d'Etat a eu tout le loisir d'exposer sa pensée sur France 5, dans Revu & Corrigé le 5 mai.
Plus discret, mais sans doute tout aussi révélateur, Rue89 raconte comment Nadine Morano, filmée dans la salle des Quatre-Colonnes à l'Assemblée, se laisse aller à une petite réflexion avant que la caméra ne tourne : Ah, Internet, je déteste, c'est le temple des rumeurs et de la caricature.
Rumeurs, caricature... Les mêmes arguments qu'utilise Franck Louvrier dans sa tribune de Libération.
OÙ le dossier de la suppression de la pub rejoint la web-o-phobie.
En même temps qu'il cogne comme un sourd sur les lâches blogs et les sites attrape-audience, le gouvernement s'efforce de taper où ça fait le plus mal : au portefeuille.
On peut aussi analyser le projet de seconde coupure de pub dans les films diffusés par les chaines privées à la lumière de ces diverses attaques anti-web.
Car offrir davantage de créneaux publicitaires à TF1 et à M6 revient à s'assurer que la manne publicitaire, détournée de la télévision publique, ne retombera pas vers les médias en ligne. La logique est simple, expliquait ainsi Paule Gonzalès, dans Le Figaro. Il faut faire en sorte que la publicité qui quitte les écrans de France Télévisions reste dans le monde de la télévision au lieu de migrer vers l'Internet ou le hors-média.
La désormais célébrissime Commission Copé caresse aussi l'idée de taxer les fournisseurs d'accès internet pour pallier la fameuse disparition de la pub. La redevance n'est pas la source de financement à venir face à la perte des publicités dans le groupe France Télévisions, a par exemple indiqué le 2 juin le ministre du Budget Eric Woerth. Il y a d'autres pistes à explorer, et notamment celle touchant par exemple à une fiscalisation d'internet.
Paranos, vraiment ?
13:19 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, blog, société, actualité, internet
France : loi fasciste en vue pour Internet!!! Réveillez vous! Vous lisez peut-être nos derniers articles non censurés...
La situation est extrêmement grave : la «Charte Confiance en ligne» n'est rien d'autre qu'une volonté de filtrage de masse des réseaux!!!
C'est PCinpact qui a révélé l'affaire le 6 juin 2008 et il faut que nous soyons nombreux à la relayer car le net est le dernier contre-pouvoir dans notre démocratie de plus en plus autoritaire...
Le site "lesmotsontunsens.com" (lien vers l'article) résume bien le contenu de cette charte :
[...] "Marquage, blocage et signalement automatique des utilisateurs aux «autorités» selon des critères non précisés. Suppression automatique des contenus inactifs depuis plus de trois mois, sans aucun préavis, sans aucune infraction à aucun règlement. A vue de nez, au minimum 80% du contenu disponible aujourd'hui serait supprimé ! Pour quelle raison ? On ne sait pas. Possibilité de suppression pure et simple des contenus sur simple demande des «autorités», hors de tout cadre judiciaire... Filtrage à priori des espaces interactifs destinés aux mineurs. Adieu Skyblog... La liste est longue, vraiment longue...
Dans tous les cas, les acteurs de l'Internet (FAI, Editeurs, Fournisseurs de contenu) sont considérés comme des auxiliaires de Police (et non de Justice !). Sous prétexte de lutter contre la pédophilie ou des activités criminelles répréhensibles, on atteindrait ici des niveaux de liberté proches du zéro absolu. Cette charte vaut autant pour les fournisseurs d'accès Internet, les moteurs de recherche, ou encore les plateformes de blog..."
[...]
Mais pour une information complète lisez surtout l'article publié par PCinpact (lien original) :
C’est Nicolas Sarkozy alors ministre d'État, ministre de l'Intérieur et Philippe Bas, ministre délégué à la Famille, qui avaient décidé de confier à une commission collégiale la gestion d’un label « confiance en ligne ». Ce label, reposant sur une Charte, est depuis l'origine destiné à être attribué aux intermédiaires pour « renforcer la sécurité sur Internet, notamment pour mieux protéger les mineurs et lutter contre les escroqueries » (le communiqué de 2007, présenté par Franck Louvrier, aujourd’hui omniprésent conseiller pour la communication et la presse à la présidence de la République)
S’ils signent, les grands acteurs du Web devront alors apporter tout leur concours et l’art technique pour nettoyer le web français. Morceaux choisis du document en cours de rédaction dont nous nous sommes procuré copie auprès d'un des destinataires, et qui a été soumis à l'avis des principaux intéressés :
Sécurité informatique
Auprès des utilisateurs, ceux-ci devront par exemple donner et mettre en avant toute une série d’informations sur les solutions de sécurité (virus, spyware, piratage de connexion, sécurisation wifi), le phishing, le spam, les escroqueries aux cartes bancaires, etc.
Démarche pro active, filtrage de ports, etc.
Mais cette mission de base s’enrichit d’autres fonctions nettement plus sensibles : les opérateurs et FAI devront ainsi « procéder à une démarche de veille active, sur les risques techniques émergents pour l’utilisateur ». Ils devront par ailleurs mettre en place « une démarche proactive de sécurisation des équipements par des mesures adaptées ».
Le texte cite par exemple la suspension, la résiliation, mais encore le blocage de certains ports « auprès de clients mettant en jeu la sécurité du réseau ». Difficile d'oublier que ces questions de filtrage de ports se retrouvent aussi dans la bouche du SNEP. C’est l'introduction douce du filtrage de masse qui se dessine, un filtrage dont la responsabilité et l’initiative sont placées sur les épaules des intermédiaires par le gouvernement, et dont les limites exactes sont bien floues.
Plus inquiétant : les opérateurs devront « préconfigurer les équipements fournis aux utilisateurs afin qu’ils atteignent un niveau de sécurité par défaut optimal selon l’état de l’art ». Bien entendu, cette « sécurité » par défaut peut s’envisager au profit de l’utilisateur, du réseau ou pourquoi pas d'intérêts très catégoriels puisque l’histoire nous a forgé à ce type de glissement facile.
Quotas d'envoi
Par ailleurs, les opérateurs qui signeront ce texte destiné à faire d’internet un lieu sûr et aseptisé mettront en place une politique anti spam par des techniques de filtrage, mais encore par l’application de… quotas d’envoi (!) tout en participant activement au programme Signal Spam. Un programme qu’a soutenu financièrement le gouvernement à sa manière comme le révélait un rapport de Jean Dionis du Séjour (une seule personne aux manettes de cet outil de surveillance).
Filtrage anti-mineur sur les sites pornos
Le document comprend encore une avalanche d’obligations exigeant des comportements toujours pro-actifs contre les contenus dits préjudiciables (terme assez large pour partir de la pédophilie pour aller jusqu’au piratage, voir à ce titre cette actualité sur le lobbying de l'IFPI…). D’ailleurs pour les contenus pornographiques, les intermédiaires producteurs de contenus devront mettre en place un filtre anti-mineur sur tous les sites créés en France. Le choix technique n'est pas décrit.
Suppression automatique des contenus "passifs"
Le texte en ébauche indique aussi « la possibilité de prévoir contractuellement une modalité de suspension de la possibilité de publier, par des personnes autres que le créateur de l’espace, en l’absence de toute mise à jour, modification, intervention ou modération d’un contenu depuis trois mois ; ainsi que l’existence de mesures de suspension ou de suppression de l’espace ». Est-ce un droit à l’oubli automatique qui se dessine là ? Ou, plus vraisemblablement un moyen élégant de faire disparaitre des écrits, images, vidéos que l'on n'aura pas trouvés dans les trois mois de prescriptions des délits de presse ?
Filtrage a priori des contenus sur les sites pour mineurs
Ajoutons que les créateurs d’espace destinés aux mineurs devront impérativement contrôler les contenus postés a priori. On imagine assez facilement les effets d’une telle mesure sur Skyblog…
Labellisation des contenus
La Charte concoctée par le ministère de l'Intérieur dessine (page 2) également les premiers traits de la labellisation, qui permet de garantir la salubrité morale des données publiées en ligne. Les FAI et éditeurs devront là mettre une sorte de ligne d’appel d’urgence vers le ministère de l’Intérieur en cas de contenu ou comportement illicite.
Signalement automatisé des infractions
Les FAI, opérateurs et éditeurs en ligne devront volontairement signaler aux autorités les contenus et comportements interdits (racisme, haine raciale, crimes contre l’humanité, etc.) et les cas de pédophilie. Un comportement identique leur sera réclamé en cas de risque « immédiat pour la sécurité des personnes et des biens ». Un dispositif déjà annoncé à demi-mot par Alliot-Marie.
Bien entendu, tout le monde condamnera la pédophilie, qui touche à l'humanité tout entière. Mais il faut se souvenir que dans les engagements Olivennes, les FAI ont à tester et éprouver dès 2008 des mesures de filtrage contre les atteintes aux droits d'auteur.
Autant dire que ce qui sera validé pour lutter contre la pédophilie sera automatiquement réclamé des ayants droit. De fait, ce trou de souris permet du même coup de remettre en cause les principes de responsabilité relative encadrés par la LCEN quant aux contenus véhiculés, pour transformer ces intermédiaires en futurs auxiliaires de police. On se souviendra des travaux menés sur ce terrain du côté du CSPLA, à la demande de Christine Albanel, elle-même. Sauf qu'en s'appuyant simplement sur les engagements des uns et des autres, cette Charte court-circuite le pouvoir législatif, pourtant plus à même de se pencher sur ces questions de société épineuses (voir à ce titre notre actualité).
Baisse du formalisme des réquisitions judiciaires
Enfin, le texte enfonce le clou : sans rougir, il demande aux FAI de s’efforcer de répondre avec le plus grand soin aux réquisitions et demandes officielles « non standards » et à apporter dans ce cas une première réponse (accusé de réception, indication du délai estimé de réponse à la demande, etc.).
En clair, lorsqu’un ayant droit fera une demande directe d’identification d’IP à un FAI sans passer par la voie judiciaire, le bon FAI devra apporter toutes ses connaissances pour satisfaire ces demandes d’informations « officielles ». C’est une énième manifestation de la volonté de déconnecter le pouvoir judiciaire des contrôles de base sur les droits et liberté de chacun, en demandant aux FAI de ne pas respecter le Code de procédure civil ou pénal.
Des traces conservées docilement
D’ailleurs, dans les derniers points de la Charte, le prestataire s’engagera à conserver à tour de bras toutes les adresses IP et autres données de connexion relative à du contenu un peu trop louche.
Filtrage pédopornographique... et ensuite ?
Précisons pour terminer que les FAI devront s’engager dans le filtrage le plus approprié des sites pédopornographiques. Le projet rejoint celui défendu par Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la Famille. Naturellement, cette demande intervient comme un test au regard de la loi Olivennes, comme nous l'exposions ci-dessus. Il est évident que les propriétaires de contenus (musique, cinéma) lorgneront de près ces mesures en cas d’efficacité. La lutte contre la pédopornographie peut facilement être un cheval de Troie qui cache d'autres mesures, en suscitant une vaste adhésion bien naturelle.
C’est peu de le dire, les FAI ont accueilli avec une certaine tiédeur et retenue ce projet de Charte.
Rédigée par Marc Rees le vendredi 06 juin 2008 à 18h17
02:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, blog, société, actualité, internet










