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16.12.2007

Le point sur le mouvement étudiant en France par rue89...

Il n'est pas dans l'habitude de ce blog de copier les articles des autres, mais vu la situation, autant s'en référer à une source sûre comme Rue89 pour faire le point au niveau national (lien vers l'article de rue89) :

 

Universités: ça coince et ça bloque encore

Si la plupart des blocages ont été levés, les actions continuent sur certains sites. Le point à Lille, Montpellier et Lyon.

Des CRS qui occupent une fac et empêchent les étudiants d'y entrer: la scène, à front renversé, s'est déroulée dans les locaux de l'université de Lille III jeudi soir. La fièvre étudiante est largement retombée au plan national, et le gouvernement peut miser sur les vacances d'hiver pour éteindre les derniers feux du mouvement. Mais plusieurs sites sont toujours mobilisés contre la loi sur l'autonomie des universités.

A Lille. Les CRS (compagnies républicains de sécurité) ont parfois des ruses de sioux. Jeudi, ils ont profité que les étudiants bloqueurs étaient partis manifester dans les rues de Lille pour investir les locaux de l'université, à la demande du président de l'établissement Jean-Claude Dupas. L'objectif? Empêcher le retour des grévistes, et permettre la reprise des cours, suspendus depuis le 6 novembre.

De retour au bercail, les étudiants sont tombés sur un cordon de CRS. Lesquels n'ont pas tardé à les repousser jusqu'aux portes du campus. (Voir la vidéo, tournée et montée par des étudiants bloqueurs.)

Acte II, ce vendredi matin. Les CRS ont commencé à trier les arrivants, pour laisser passer les non-grévistes et bloquer les bloqueurs. Lesquels ont choisi d'investir le conseil d'administration de la fac, avant de voter à nouveau le blocage. Les forces de l'ordre ont fini par quitter le site vers 14h30. Une nouvelle AG pour décider de la suite du mouvement est prévue lundi matin. Comme ailleurs, des enseignants chercheurs ont rejoint le mouvement.

Comment en est-on arrivé là? Jean-Claude Dupas, qui ne souhaite pas répondre aux journalistes selon la "cellule communication", s'est expliqué dans un communiqué:

"Jeudi 13 j'ai demandé l'intervention des forces de l'ordre afin d'assurer le libre accès aux bâtiments de l'université. [Vendredi], j'ai néanmoins refusé de faire intervenir les forces de l'ordre à l'intérieur des bâtiments et je leur ai demandé de se retirer du site afin d'éviter toute confrontation directe."

"Il est important que l'ensemble de la communauté exprime clairement son refus du blocage des locaux."

"Le président a conservé une attitude de mépris envers les étudiants"

Dans un communiqué, le collectif "Sauvons l'université - Lille 3" a condamné "l'appel injustifié aux forces de l'ordre (...), qui ne peut qu'exacerber les tensions." Pour Marc Parmentier, maître de conférence en philosophie, le président de l'université a "perdu les pédales":

"Il a pris des initiatives qui ne faisaient qu'empirer les choses, au lieu de chercher le dialogue. Il est de la vieille génération, et a conservé une attitude mandarinale de mépris envers les étudiants. Il a cru qu'il suffirait de leur faire peur en menaçant de supprimer les examens."

L'attitude de Jean-Claude Dupas est, pousuit l'enseignant-chercheur, "la preuve que la loi LRU ne peut pas marcher: on confie trop de pouvoir aux présidents d'université, qui ne sont pas formés pour ça, ils paniquent".

Autre explication avancée par Dominique Vidal, maître de conférence en sociologie: l'origine sociale spécifique des étudiants de Lille III. "C'est une population qui connaît la précarité dans sa grande majorité", explique-t-il.

 

A Montpellier, cinq étudiants sont en grève de la faim depuis cinq jours, et entendent poursuivre jusqu'au retrait de la loi: "nous continuerons cette grève de la faim jusqu'au minimum l'abrogation de la LRU", assurent-ils.

A Montpellier III, le blocage a été rejeté par une majorité de votants lors du scrutin organisé par la présidence de l'université jeudi. Comme à Lille, c'est la présence policière qui est dénoncée, comme expliqué vendredi sur le blog du comité de mobilisation des personnels et enseignants:

"Nous condamnons les violences policières et nous apportons notre soutien aux différents étudiants blessés pendant les charges de la police et au membre du personnel de l'UPV violemment étranglé par un policier de la brigade anti criminalité. (...) Nous refuserons d'entrer dans l'université sous escorte policière."

Le site publie aussi un extrait du journal de France 3 Sud diffusé jeudi midi qui fait froid dans le dos. (Voir la vidéo.)

A Lyon II enfin, la situation est aussi très tendue. Selon une enseignante dont le témoignage est publié par le site militant Bellaciao, "des vigiles privés, très jeunes, non assermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué 'sécurité'".

 

"Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l’Université en montrant notre carte "cumul" (une carte magnétique d’étudiant ou d’enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de paiement dans l’enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup)."

Ce texte est en train de faire le tour du Net.

Avec Julien Licourt (ESJ Lille) et Thomas Huet.

 

11.12.2007

Les images de ce qu'il faut appeler "la bavure policière de Montpellier III"

Dans cet extrait vidéo on voit bien la violence des  forces de l'ordre et on entend très bien l'explosion d'une grenade anti-émeute... 

Rectificatif par rapport à l'article d'hier : il s'agissait de la BAC (que l'on peut dénomer Brigade d'Actions Criminelles et plus brigade anti-criminalité depuis le CPE en 2006 où déjà elle avait saccagé un centre commercial -Le Polygone- pour faire porter le chapeau aux etudiants grévistes - en cas de plainte, messieurs les censeurs, sachez que nous possédons les preuves en images et qu'une saisie chez le rédacteur de cet article est inutile car il existe des dizaines de copies ;-p). Déjà, en 2006, la BAC avait déjà commis des exactions sur le campus : voir l'article d'archive 

 

10.12.2007

La journée internationale des droits de l'homme vue par la France de Sarkozy: khadafi à paris des grenades anti-émeutes dans l'université!

Programme pour une journée internationale des droits de l'homme réussie :

82a833d1ae45c1e993c3772501960dea.jpg- A Paris :

Sarkozy reçoit Khadafi, le dictateur Libyien,  à l'Elysée, pour lui vendre des bombardiers et une centrale nucléaire, histoire de faciliter l'enracinement de son pouvoir, bien que ce dernier ait été tout aussi mal vu que Saddam Hussein en Occident pendant plus d'une vingtaine d'années pour avoir financé le "terrorisme international" ...

 

 

 

282f49aa3b61f4f3b222f47c0b4bf441.jpg- A Montpellier :

L'université Montpellier III a été évacuée de façon extrêmement violente par des CRS déchaînés qui n'ont pas hésité à employer des grenades anti-émeutes contre les 300 étudiants grèvistes (mais aussi de simples badauds)! Sur ce plan, le bilan est lourd car 5 étudiants ont été touchés en plein corps par ces engins explosifs ainsi qu'une journaliste du Midi Libre. Il ne s'agit pas de dégâts collatéraux mais bien intentionnels! Chacune des victimes accuse une perte d'audition allant de 10% à 30% qui peut être irréversible !!!!!!!!!!! Le bilan global n'est pas établi pour ce qui concerne les coups reçus, les côtes brisées.... mais des dizaines c'est certain.

Pour plus de détails :  après le vote par l'Assemblée Générale étudiante de la continuation du blocage de la fac jeudi dernier, la direction a ensuite publié un communiqué vendredi menaçant de faire sauter le semestre si les étudiants n'allaient pas se mobiliser pour aller en cours ce lundi!!! Morceau choisi : "il est absolument nécessaire de reprendre les cours la semaine prochaine au risque que les étudiants perdent le semestre".C'était un appel très clair à la violence!

Les salles de cours ont donc été rouvertes lundi matin mais, malgré quelques altercations sans gravité entre les étudiants opposés à cette reprise et des antibloqueurs, les piquets étaient de nouveau en place dès 8h30 et le calme était de retour (aucun blessé même léger n'était à déplorer). La direction a quand même pris comme prétexte les altercations du matin pour décider d'une nouvelle fermeture administrative (la précédente avait duré du 16 au 25 novembre). 

Pourtant, quoi qu'en dise la direction, l'Assemblée générale était beaucoup plus représentative que les propres élus étudiant car il y avait jeudi dernier quelques 2000 étudiants réunis contre seulement 1400 votants pour les élections des conseils centraux en 2006!

Les forces de l'ordre sont donc intervenues en fin de matinée, à la demande du président de l'université, Jean-Marie Miossec, contre les 300 grèvistes restés sur le campus. 3 étudiants ont été interpellés au cours de cette opération. Ils étaient toujours en garde à vue en milieu d'après-midi au commissariat de Montpellier.

En début d'après-midi, 150 étudiants anti-blocage ont manifesté dans le centre-ville montpelliérain, place de la Comédie, pour réclamer "la libération" de l'université. Ils ont annoncé avoir déposé un référé dans ce sens auprès du tribunal administratif de Montpellier.