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26.09.2007

Euro et OGM

cdf701e7dbf6e8c8f2e3ffc86c4f5fa3.jpgDeux informations diffusées simultanément il y a une semaine, rappelent que tout gouvernement national de l'Union européenne est prié de s'incliner face à la toute puissance des institutions communautaires, gardiennes de la religion néolibérale à l'européenne.

 

 

 

 

 

    Tout d'abord ce fut le problème de la montée vertigineuse de la valeur de l'Euro, qui plombe les économies européennes, privées d'exportations. Au passage, cela révèle l'inadéquation de l'Euro pour des économies très diverses : l'Allemagne productrice de produits "haut de gamme", ne souffre que très marginalement de cette hausse de l'Euro, tandis que la France, productrice, pour l'essentiel de produits de moyenne gamme (en dehors du très étroit marché du luxe), voit ses entreprises fusillées et contraintes à la délocalisation, hors zone Euro (un comble après toutes les promesses en 1999-2001 de lendemains qui chantent). C'est donc une bonne leçon d'économie financière : on ne met pas la charrue avant les boeufs! Une monnaie est un levier de la politique économique des Etats. Avec l'Euro, pour que ce levier fonctionne, il aurait fallu d'abord une convergence des économies européennes au préalable. Du coup, la BCE (qui est à Franfort et ce n'est pas un hazars) fait le choix du plus fort (l'Allemagne) et chaque jour qui passe affaiblit un peu plus la France... Sarkozy aura beau crier, interpeler JC Trichet (un Français, certes, mais libéral avant tout), ce n'est plus la France qui possède le levier monétaire! 

    Ensuite ce fut le problème des OGM qui, au delà de la question éthique de leur existence, polluent génétiquement, c'est un fait avéré, le reste des cultures.  M. Borloo, ministre d'État, ministre de l'Écologie, du développement et de l'aménagement durables, a beau avoir proposé de mettre en place un moratoire interdisant l'agriculture OGM en France, la Comission européenne lui a immédiatement rappelé que les Etats membres n'avaient pas compétence à légiférer sur la question... Dons la France n'a plus vraiment non plus de levier politique...

    Ainsi, la question européenne, qui a été volontairement éludée par les candidats du système ( Sarkozy et Royal), s'invite dans le débat national et met en évidence les limites de la souveraineté française... Donc, "l'hyperprésident" Sarkozy, tout aussi puissant qu'il veuille paraître, n'est malgré tout qu'une marionnette parmi d'autres, chargées d'appliquer le dogme libéral insufflé depuis le sommet par la Commission européenne ou la BCE (non-élus par les peuples)! Bien fait!

Dernière minute : la réintégration programmée de la France dans l'OTAN va encore limiter un peu plus sa marge de manoeuvre militaire et diplomatique face aux Etats-Unis... Ce n'est pas pour rien que De Gaulle l'avait quittée avec fracas en 1966!

13.01.2007

L'euro, 5 ans après : nous avions raison nous, les eurosceptiques !

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Cinq ans après son entrée en service total, l'Euro ne fait plus rêver, pas plus que l'Europe, d'ailleurs.

Nombreux sont ceux qui voulaient enterrer les eurosceptiques, mais voilà que tout ne se déroule pas comme ils l'avaient prévu... 

Voici donc une proposition d'analyse de la situation par MCI!

 

 

Tout d'abord, la revue de presse

  
1) Vu sur actusite.fr le 12 janvier 2007  : "L'euro n'a plus la cote auprès des Européens"

"Selon la Commission européenne, les Européens ne sont plus que 48 % à trouver l'euro avantageux, contre 59 % en 2002.

L’euro ne fait pas l’unanimité auprès des consommateurs européens. La proportion d'Européens à trouver la monnaie globalement avantageuse a diminué de 11 points. En 2006, ils ne sont plsu que 48 % à l'apprécier, contre 59 % en 2002. C'est ce que révèle la Commission européenne qui vient de publier les résultats de son « eurobaromètre », réalisé par l'institut Gallup, portant sur « la zone euro, cinq ans après l'introduction des pièces et des billets en euros ».

Par ailleurs, les Européens pensent à 37,5 % (30,9 % pour les Français) que la devise européenne a plus d'inconvénients que d'avantages. Ainsi, 81,4 % des Européens (64,4 % de Français) affirment que la nouvelle monnaie a eu pour effet une augmentation des prix. Résultat : les comportements d'achats ont changé pour 58 % des Européens (64 % des Français). Certains consommateurs ont diminué leurs dépenses, par peur de trop dépenser car ils n'arrivent pas à évaluer le coût véritable de leurs achats. D'autres n'ont rien modifié, mais ils n'appréhendent pas leurs dépenses réelles. Pour faire face à cette « sinistrose », la Commission européenne met en avant les avantages techniques de l'euro : une inflation maîtrisée (2,4 % en moyenne dans la zone), des taux d'intérêts bas, une protection contre la crise des changes, une réduction sur le coût des produits importés, la transparence des prix...

Les Européens trouvent tout de même des avantages à la monnaie unique : le fait de pouvoir se déplacer dans la zone euro sans changer de monnaie et l'acceptation de l'euro par certains pays en dehors de la zone euro. Enfin, 3/4 des Européens (71 % de Français) affirment que le statut de l'euro est identique à celui du dollar ou du yen et la moitié sait qu'actuellement l'euro vaut plus que le dollar."  (E.S avec Capa Conseil)

 

 2) Vu sur lemonde.fr : "Angela Merkel : "Le débat sur l'euro en France m'inquiète"

"Après l'Italie, l'euro est mis en cause en France. Est-il à l'origine de l'inflation et de la détérioration du niveau de vie ?

Franchement, ce débat mené en France m'inquiète assez. L'existence de l'euro est liée à une décision commune que nous avons prise : avoir une Banque centrale indépendante. Il faut faire attention à ce que nos difficultés - l'adaptation à la mondialisation, les réformes à faire, les problèmes sociaux à résoudre - ne soient pas mises de manière injuste sur le dos de l'euro. C'est une monnaie très dure, car elle laisse apparaître de manière très tranchée là où un pays est compétitif et là où il peut avoir des problèmes. C'est pour cela qu'il pourrait être tentant de faire des changements provisoires pour évacuer temporairement des difficultés. L'abandon du franc et du mark a été un pas considérable. Si nous voulons conserver la confiance dans l'euro, nous devons le laisser en dehors du débat politique, laisser à la Banque centrale son indépendance : c'est la position allemande très ferme."

 

Ce qu'il faut retenir : 

 - On se rend compte que c'est l'idée de "monnaie commune" qui aurait du prévaloir sur la monnaie unique :

La monnaie commune aurait été une devise européenne complémentaire des monnaies nationales, sans critères d'admission, servant uniquement pour le tourisme et le commerce communautaire, c'est à dire pour voyager en Europe en toute tranquilité.

- Le souhait d'Angela Merkel est de maintenir le cap libéral européen : on ne revient pas sur la constitution car ceux qui ne la signent pas sont minoritaires et on conserve l'indépendance de la BCE, c'est à dire un politique monétaire pénalisante pour le commerce extérieur mais pas pour le monde de la finance!!!

En conclusion : l'europe pourrie qui se construit depuis Maastricht se meurt déjà, à petit feu, et il est grand temps de proposer un "plan B" offrant un nouveau modèle moins contraignant qui conserverait le rôle central des etats membres et non une supranationalité qui ne fait que nous entraîner vers l'abîme du nationalisme!

"Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" (Jaurès, L'armée Nouvelle, 1914)