01.05.2009
HADOPI : l'empire contre-attaque sur internet!
21:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, internet, police, justice, loi, hadopi, france, sarkozy
27.08.2008
Hacker britannique contre Men in Black ?
Un Génie Livré Aux USA envoyé par Face_Occulte_De_Nos_Etats
Article original : Le hacker anglais Gary McKinnon livré aux USA le 31 août ? Bonjour l’angoisse ! Publié sur www.tlaxcala.es, le 24 août 2008 par M. PORCHERON :
Il s’appelle Gary McKinnon, rappelez-vous, il est anglais, il a 42 ans et une passion, disait-il, les extraterrestres quand boosté à l’anodin pétard, notre informaticien super-hacker était loin de penser qu’un jour il risquerait de finir sa vie dans une cellule quatre étoiles aux Etats Unis, livré par la justice de son pays depuis le 30 juillet dernier.
Aux dernières nouvelles, il devrait être définitivement fixé à la fin du mois d’août. S’il en réchappe, il abandonnera le clavier pour un jeu plus tranquille, genre sudoku.
Car Gary McKinnon est l’auteur d’un coup génial : entre février 2001 et mars 2002, cet expert a piraté, y rentrant comme dans du fromage blanc, des dizaines d’ordinateurs de la Nasa, de l’Armée de l’Air et de la Marine américaine. Le tout sans jamais quitter sa modeste chambre du modeste appartement du nord de Londres, à Enfield, prêté par la tante de sa copine, ont précisé ses amis pour qui, cela va de soi, il n’est ni un « terroriste » ni même un hacker malveillant. Pénard dans son bedroom, c’est logiquement qu’il s’était choisi un pseudo pour le net adapté à sa vie : « Solo ».
Mephisto ? Non, "Solo"
Un hacker de génie. Qui passait sa vie devant son ordinateur personnel lequel n’avait plus de secret pour lui. Supposons : s’il a pénétré ces réseaux militaires ultrasensibles, c’est uniquement pour découvrir des informations secrètes sur les vaisseaux extraterrestres. En réalité, comme des milliers de passionnés d’OVNIS (et de fans de la série X-Files), il est en effet persuadé que les autorités américaines nous cachent la vérité.... «Ce n'est pas qu'un intérêt pour les petits hommes verts ou les soucoupes volantes, expliquait McKinnon à la BBC. Je crois qu'il y a, ou qu'il y a eu dans le passé, des vaisseaux spatiaux qui circulent sur Terre sans que le public soit au courant.» Il est aussi convaincu que les militaires américains ont récupéré un système de propulsion par antigravité, qu'ils gardent secret.
Une passion qui s’est rapidement transformée en obsession, ajoutent ses amis sur le net. Ils ajoutent : à force de surfer internet, Gary McKinnon, qui délaissait sa salle de bains et vivait, comme un reclus, en peignoir dans son appartement, a fini par perdre sa petite amie, son travail, son anonymat...et, on le verra, son ordinateur désormais sans connexion à Internet. Un ordinateur réduit au rang de machine à écrire. Ce n’est pas une vie.
Le jour où cet administrateur système de formation pénétra les réseaux US, pour fêter ça, il se fit livrer une pizza napolitaine spéciale (nul n’est parfait). Comme c’est connu, dans les temps qui sont les nôtres, faîtes l’essai par téléphone, le livreur de pizza –casqué- arrive chez vous plus vite que la police- casquée mais pas seulement. Il n’avait pas avalé la dernière olive de sa pizza que déjà la justice américaine lançait un avis mondial de recherche, contre un (alors) inconnu accusé par les plus hautes autorités de l’hyper-puissance du « plus grand piratage informatique militaire de tous les temps ». Dégâts évalués : autour de 700 000 dollars, un chiffre relativement faible au regard des sommes quotidiennement traitées par les administrations visées.
Selon les accusations portées contre lui, il se serait approprié 950 mots de passe et il aurait détruit des informations vitales pour la marine US. Il aurait réussi à s’introduire par effraction dans 53 ordinateurs de l’armée, ce qui aurait forcé les responsables à fermer 2000 ordinateurs de la zone militaire de Washington,
pendant 24 heures, occasionnant des coûts imprévus de presque un million de dollars. Il est accusé d'avoir mis à mal 300 ordinateurs de la base navale de Earle (New Jersey) peu après les attentats du 11 septembre 2001, etc, etc...
De là à accuser McKinnon d’être à l’origine de la débâcle irakienne, des lourdes pertes de l’économie américaine, de la crise des subprimes, de la chute de l’hypo-président Bush, etc, etc...il n’y aurait qu’un pas. Le discret et flegmatique Gary a été catapulté au rang d’ennemi public numéro un aux Etats-Unis, de terroriste d’un nouveau type, le cyber-terroriste. À son insu et sans que « le grand public » le sache.
Si vous avez manqué les chapitres précédents : Cette histoire à la fois fabuleuse et pathétique – aujourd’hui elle ne fait rire personne- remonte à plus de six ans. Une fois découvertes les gigantesques « anomalies » informatiques qu’ils enregistrent, les plus fins limiers US font intervenir leurs Global Positioning Systems les plus sophistiqués, parviennent à loger l’intrus à Londres, comme quoi, soit dit en passant, il est plus facile et plus rapide de mettre la main sur un mangeur de rosbif, le visage crevette rose et le cheveu tirant sur le roux, que sur le bouffeur de yankees le plus recherché de l’histoire, le visage basané et une barbe tirant sur le blanc. Il faut bien plaisanter.
Et McKinnon lui ne se cache pas, ne change pas de domicile, ne voyage pas, ne complote pas, n’est animé d’aucune mauvaise intention. Quand les Américains demandent à leurs homologues anglais d’aller signifier au hacker de génie la litanie de chefs d’accusation que la « justice » de Washington à rédigé avec minutie, McKinnon, en peignoir, vaque à ses occupations. Et quand les police officers de sa Très Gracieuse Majesté – qui auparavant avaient installé un périmètre de sécurité autour de la maison afin d’éviter une fuite par l’escalier de service ou par une porte dérobée – frappe à sa porte, McKinnon ouvre comme il aurait ouvert au livreur de pizza. Il ne se cache pas, on l’a dit, il n’en a jamais eu l’idée, comme il ne cachera jamais s’être introduit à distance dans les ordinateurs américains.
Que lui disent ces envoyés très spéciaux ? Nous n’avons rien contre vous, la justice britannique n’a rien à vous reprocher, mais nous avons un message recommandé pour vous. La justice américaine en a après vous. Vous êtes inculpé par la justice fédérale américaine de huit chefs d'accusation de crimes informatiques commis dans 14 Etats différents. Ne quittez pas le territoire britannique. Vous recevrez bientôt une convocation.
Là commence un parcours judiciaire marathonien du prévenu, qui vient de se terminer fin juillet : préparez quelques affaires personnelles, vous allez être extradé vers le pays requérant, les Etats Unis. C’est une affaire de quelques semaines. Avant la fin du mois d’août, vous goûterez aux charmes d’un pénitencier tout équipé dernier modèle – vous y bénéficiez déjà d’une réservation de longue durée, entre 60 et 70 ans- comme seuls nos amis américains savent en faire.
Pour des raisons bassement politiciennes, cet homme risque ainsi de sortir de prison quand il aura 110 ans. Ça fait cher payer... la mauvaise sécurisation de sites web, non ?!
McKinnon qui au fil des ans, est devenu un personnage (hélas) célèbre dans son pays – son cas est nettement plus connu sur le web que dans la « grande presse » mondiale – est aujourd’hui autant entouré de médecins (pour méchante déprime légitime) que d’avocats. Lesquels ne font que répéter la même chose depuis le début : si leur client doit être jugé, il doit l’être par la justice de son pays, en qui ils n’arrêtent pas de croire. Si »crime » il y a, il a été commis en territoire britannique.
Hélas, ces avocats, au nom de McKinnon, toujours prévenu libre, en liberté surveillé, au chômage forcé, ont épuisé tous les recours de la «justice » britannique, qui ayant entre ses mains une hot potato et soucieuse d’être prévenante et complaisante envers la « justice », celle de M. Bush ne l’oublions pas, avec probablement derrière la tête l’idée d’un renvoi d’ascenseur un jour ou l’autre, livre donc McKinnon, aussi facilement qu’un livreur une pizza.
McKinnon n’aura pas eu l’occasion de profiter des senteurs printanières londoniennes, car plus que tendu, fébrile, il attendait comme le messie l’ultime décision de la Chambre des Lords le 30 juillet dernier. Le hacker de la NASA en appelle à la chambre des Lords .En effet en mai 2007, la Haute cour de Londres ayant autorisé son extradition vers les Etats-Unis pour y être jugé devant un tribunal militaire américain, il ne restait plus aux avocats que le recours d’appel auprès des Law Lords, la plus haute cour britannique...qui a rejeté cet appel et confirmé l'extradition du hacker. Les avocats ont annoncé qu'ils allaient "immédiatement" se pourvoir devant la Cour européenne des droits de l'Homme.
Les Américains attendent McKinnon de pied ferme. Ils parlent de cette affaire comme étant l’affaire du siècle. Ses avocats craignent plus que jamais les 60 ans de prison pour McKinnon, s’il est reconnu coupable de sabotage, et pourquoi pas une tenue orange sur mesure que les G.O de Guantanamo réservent à leurs pensionnaires. Le temps n’est plus où McKinnon considérait que l’orange est une couleur qui irait bien avec sa courte chevelure de rouquin. On se souvient que McKinnon avait alors donné une interview pour exprimer sa peur de finir dans la prison de Guantanamo pour violation de la loi américaine sur la lutte contre le terrorisme.
The fall guy ?
Cela étant, si quelqu’un devait tomber, ce serait plutôt le responsable informatique américain qui avait sous sa coupe le réseau réputée le plus sûr du monde, a fortiori après les attentats du 9/11. Or, McKinnon a révélé sans le vouloir, que ces ordinateurs n'étaient pas sécurisés !
Pour le gouvernement américain, ce piratage “était intentionnel et calculé pour influencer et affecter le gouvernement américain par intimidation et coercition “.
“En conséquence de sa conduite, des dommages ont été causés aux ordinateurs en mettant à mal leur intégrité, disponibilité et fonctionnalités des programmes, systèmes, informations et données”, avait précisé un juge américain qui à la fois perdait là une occasion de se taire et révélait à la terre entière la fragilité – une fragilité de plus- d’un méga-système qui devait protéger - en théorie- les USA de toutes les attaques « terroristes » qui n’allaient pas manquer de mettre le feu à la planète.
La justice américaine veut la peau de Gary McKinnon. Selon ses avocats, la justice américaine a fait pression sur leur client, en essayant de l'intimider pour qu'il accepte de plaider coupable devant un juge américain. Les hommes de loi ont révélé aussi que les autorités américaines auraient proposé un marché à son client, marché qui consisterait à lui assurer une peine de prison réduite s’il cessait de lutter contre son extradition. L’offre a bien évidemment été rejetée, mais surtout qualifiée d’ « approche illégale ». S'il ne coopère pas, cela pourrait être considéré comme un acte de terrorisme et valoir de la réclusion en quartier de haute sécurité. Dans le cas contraire, il prendrait entre 37 et 46 mois, serait rapatrié en Angleterre et serait libéré sur parole, après une condamnation pour « atteinte significative à la sécurité nationale ».
Vraiment très sympa, McKinnon qui, à toutes fins utiles, a donné aux Américains les clés de sa brillante opération purement technique : il a utilisé un programme appelé "Remotely Anywhere" pour pirater des postes de nuit des agences de sécurité américaines, lorsque tous les employés sont partis. Cet « Arsène Lupin » de l’informatique s’est alors fait prendre à cause du décalage horaire entre Londres et les Etats-Unis, un employé s’étant vite rendu compte de l’intrusion, dit encore un site ami du hacker. C’est aussi simple que ça. «J'ai découvert que les militaires américains utilisaient Windows, raconte l'ancien administrateur de réseaux informatiques, et j'ai cherché à voir si certains ordinateurs étaient mal protégés.»
« Gary » joue très gros. Déjà privé d’Internet, il a perdu le flegme très British du « Wait and See ». S’il perd également devant la Cour Européenne des droits de l’homme, avant la fin du mois d’août, il aura le titre très peu envié du premier pirate britannique à être extradé vers les Etats Unis.
Tout comme l'ancien pirate informatique américain Kevin Mitnick, accusé dans les années soixante d'intrusion dans un ordinateur du Pentagone, le pirate britannique Gary McKinnon a droit à un site Web prenant sa défense. Le site « Free Gary » assure ainsi un suivi quotidien des péripéties judiciaires du pirate et permet aux internautes de faire connaître leurs points de vue et leurs opinions sur cette histoire. Cependant, ils ne peuvent espérer une réponse directement de McKinnon puisqu'une des conditions pour sa remise en liberté est de ne pas utiliser d'ordinateur ayant un accès Internet...
Au fait, il fait quel temps, en ce moment, à Guantánamo ? C’est juste une question que se pose un ami de McKinnon. Très chaud et très humide. Insupportable. Même l’hiver.
Quelques liens avant la conclusion, provisoire :
http://www.zataz.com:80/news/15418/Gary-McKinnon-demande-...
Gary McKinnon (lire) est un internaute presque comme les autres. Sauf que lui, il risque de finir ses jours en prison (via la fameuse fumeuse faille IIS)
http://www.silicon.fr/fr/news/2008/06/16/mckinnon_le_hack...Articles associés :
· Infosec : le 'hacker' McKinnon fait son show devant les professionnels
· La défense du Hacker de la NASA dénonce des tentatives d'intimidation
· Le hacker de la Nasa a bien du mal à décoller pour les US
· Le 'hacker' McKinnon conteste les arguments de la justice US
· L'extradition de McKinnon est officialisée
· Le piratage le plus important de l'histoire a eu lieu
· McKinnon, le 'hacker' de la NASA, risque l'extradition vers les US
· Le pirate informatique Gary McKinnon pourrait être envoyé à Guantanamo
http://www.pcinpact.com:80/actu/news/44243-pirate-anglais...
http://lamouette.blog.lemonde.fr:80/2008/08/02/pirate-inf...
Conclusion provisoire : juridiction basée à Strasbourg, la Cour Européenne des droits de l’Homme laisse un sursis à celui surnommé le pirate de la NASA. Dernier recours contre l’extradition, elle l’auditionnera le 28 août prochain. Elle a en effet demandé mercredi 13 août à la justice britannique de suspendre la décision d’extradition, le temps d'examiner le recours déposé par le hacker.
Il reste donc à McKinnon un sursis jusqu'au 31 août prochain. À minuit, il sera peut-être obligé de faire ses bagages.
16:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, internet, usa, ovni, nasa, pentagone
12.06.2008
Sarkozy, ce président du Parti de la presse et de l'argent qui veut la peau des bloggueurs!!!
Encore un grand merci à Arrêt sur images pour cet article (lien) qui vient en éclairage du précédent ("loi fasciste en vue pour Internet") sur la "Charte confiance en ligne"!
Vous allez voir quelles sont les ambitions réelles de notre gouvernement et vous comprendrez pour quelles raisons les dispositions de la Charte ont été rédigées : le gouvernement et les grands groupes de presse (qui forment ensemble le PPA - partie de la presse et de l'argent) veulent reprendre le contrôle de l'information pour continuer à abrutir les citoyens qui avaient commencé à se détourner d'eux!
Lisez plutot l'article intégral du 04/06/2008 Par la rédaction d'Arrêt sur Images:
La Sarkozie contre le "problème du Net" : l'heure de l'assaut ?
Cartographie (légèrement parano) d'un encerclement annoncéLe Net est sensationnaliste ; le Net tue la presse ; le Net fait fuguer vos filles ; le Net est installé dans la chambre à coucher de vos enfants : depuis quelques temps, le pouvoir multiplie les signes d'hostilité et d'irritation à l'égard de la Toile.
Désordonnés, ces signes ? Oui, mais de moins en moins. Revue de détail des indices annonciateurs d'une vaste offensive.
On est paranos ? Peut-être. On est sur le Net, nous aussi, après tout. A vous de le dire.
| C'est la longue tribune de Franck Louvrier, conseiller pour la presse de Nicolas Sarkozy, dans Libération du 4 juin, qui nous a plongés dans le doute. Son titre ? L'information de qualité n'est pas soluble dans le haut débit. Tout un programme. | ![]() |
Alors que l'outil devrait permettre le déploiement d'un espace public de discussion et de débat, il semblerait qu'il s'intéresse plus à dévoiler les dessous de la vie privée de chacun, regrette le conseiller. Mise à disposition des informations personnelles, rumeurs anonymes, usage faussement amateur de la vidéo qui consacre la violation de l'intimité et du droit à l'image... Ne faisons pas d'Internet le temple du voyeurisme et sachons préserver l'acquis historique de la sphère privée.
Et pan dans les dents des blogueurs...
Vient ensuite le tour des journalistes :
Conscientes que le gâteau publicitaire de la presse s'est réduit, les rédactions ont entamé sur le web une course à l'audience sans précédent qui, dopée par la pression de l'actualité "en temps réel", fait primer le commentaire sur l'explication et le scoop sensationnel sur l'information vérifiée. Dans l'immédiateté du haut débit se perd le temps de la pédagogie, de l'investigation, de la mise en contexte nécessaire, de sorte que l'on a pu assister dernièrement à des écarts étonnants entre la qualité des journaux papier et celle des sites Internet du même nom.
Pour les non initiés, ces douceurs sont principalement destinées au site internet du Nouvel Observateur, pour la désormais fameuse histoire du SMS (probablement inventé) de Nicolas Sarkozy à Cécilia, Si tu reviens, j'annule tout.
Sur le web, d'autres ont attaqué l'image du président. Comment ne pas penser au site du Parisien , qui l'a sérieusement ébranlé avec sa célèbre vidéo du Casse-toi pauvre con, lâché par Nicolas Sarkozy lors du salon de l'agriculture au passant qui ne voulait pas lui serrer la main.
Auparavant, la séquence d'un président apparemment perturbé au sommet du G8 le 10 juin 2007, avait fait le tour du net. Diffusée par la télévision belge, elle n'avait pas été vue dans les JT des trois premières chaînes, mais avait fait les délices des internautes.
Sous des aspects policés, l'attaque de Louvrier est assez violente. Surtout lorsqu'elle vient d'un des prinicpaux conseillers du chef de l'Etat. D'ailleurs, le discours est proche de celui qu'a tenu Nicolas Sarkozy sur RTL le 27 mai.
Interrogé sur le futur de la presse, l'invité avait d'abord dit son inquiétude, parce que la démocratie ne peut pas fonctionner avec une presse qui serait en permanence au bord du précipice économique". Il avait annoncé la tenue à l'automne d'états généraux de la presse.
Il avait ensuite immédiatement embrayé sur Internet, jugeant que le problème d'Internet est considérable, parce que ce n'est quand même pas sain que le journal soit gratuit. Comment voulez-vous que les gens achètent leurs journaux en kiosques s'il est gratuit sur Internet ?
La position du chef de l'Etat est intéressante. Ou inquiétante pour les fanas d'internet.
D'une main, il aide la presse, au nom de la démocratie. Selon Le Figaro , la toute nouvelle chargée de mission censée étudier l'accompagnement des médias traditionnels confrontés au défi du numérique n'exclut aucune solution, "même fiscale" pour surmonter la crise actuelle.
Au rayon des solutions, on évoque la multiplication des points de vente ou la constitution de plus grands groupes médias.
Mais jamais n'est évoquée la pauvreté du contenu de la presse...
De l'autre main, Nicolas Sarkozy feint de s'étonner de la multiplication des médias sur le web, de leur gratuité, et les qualifie de problème.
Problème pour qui ? Du point de vue de l'Elysée ou des ministères, on peut en effet concevoir que la multiplication des sources d'informations, parfois très virulentes contre le pouvoir, pose question. Davantage d'acteurs déboulant dans le paysage médiatique traditionnel, il faut donc trouver des moyens de les canaliser ou, du moins, de les surveiller.
Garder un œil sur le net, couver le buzz, c'est justement le rôle de Nicolas Princen, ce jeune militant dont la nomination aux côtés de Louvrier en mars avait déclenché tant d'émotion sur le net français.
Nous y allons trop fort ? Le gouvernement ne vient-il pas d'organiser des "Assises du numérique" pour faire de la France une puissance numérique ? Ces Assises sont manifestement tombées dans un trou noir. Ni les médias traditionnels, ni les nouveaux, ne leur ont accordé un large écho.
Morano a l'attaque
Et c'est tout ? Non... Tout le monde le sait, Nadine Morano, récente secrétaire d'Etat à la Famille, est une proche de Sarkozy. Et dans quelle croisade se lance-t-elle, à peine arrivée à son poste ? Dans une guerre contre la "pédo-pornographie" sur internet.
A coup d'interviews dans Le Figaro et Le Parisien , Morano s'indigne des dérives liées à l'utilisation d'Internet et souhaite élargir les compétences du CSA au net.
La secrétaire d'Etat a eu tout le loisir d'exposer sa pensée sur France 5, dans Revu & Corrigé le 5 mai.
Plus discret, mais sans doute tout aussi révélateur, Rue89 raconte comment Nadine Morano, filmée dans la salle des Quatre-Colonnes à l'Assemblée, se laisse aller à une petite réflexion avant que la caméra ne tourne : Ah, Internet, je déteste, c'est le temple des rumeurs et de la caricature.
Rumeurs, caricature... Les mêmes arguments qu'utilise Franck Louvrier dans sa tribune de Libération.
OÙ le dossier de la suppression de la pub rejoint la web-o-phobie.
En même temps qu'il cogne comme un sourd sur les lâches blogs et les sites attrape-audience, le gouvernement s'efforce de taper où ça fait le plus mal : au portefeuille.
On peut aussi analyser le projet de seconde coupure de pub dans les films diffusés par les chaines privées à la lumière de ces diverses attaques anti-web.
Car offrir davantage de créneaux publicitaires à TF1 et à M6 revient à s'assurer que la manne publicitaire, détournée de la télévision publique, ne retombera pas vers les médias en ligne. La logique est simple, expliquait ainsi Paule Gonzalès, dans Le Figaro. Il faut faire en sorte que la publicité qui quitte les écrans de France Télévisions reste dans le monde de la télévision au lieu de migrer vers l'Internet ou le hors-média.
La désormais célébrissime Commission Copé caresse aussi l'idée de taxer les fournisseurs d'accès internet pour pallier la fameuse disparition de la pub. La redevance n'est pas la source de financement à venir face à la perte des publicités dans le groupe France Télévisions, a par exemple indiqué le 2 juin le ministre du Budget Eric Woerth. Il y a d'autres pistes à explorer, et notamment celle touchant par exemple à une fiscalisation d'internet.
Paranos, vraiment ?
13:19 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, blog, société, actualité, internet
France : loi fasciste en vue pour Internet!!! Réveillez vous! Vous lisez peut-être nos derniers articles non censurés...
La situation est extrêmement grave : la «Charte Confiance en ligne» n'est rien d'autre qu'une volonté de filtrage de masse des réseaux!!!
C'est PCinpact qui a révélé l'affaire le 6 juin 2008 et il faut que nous soyons nombreux à la relayer car le net est le dernier contre-pouvoir dans notre démocratie de plus en plus autoritaire...
Le site "lesmotsontunsens.com" (lien vers l'article) résume bien le contenu de cette charte :
[...] "Marquage, blocage et signalement automatique des utilisateurs aux «autorités» selon des critères non précisés. Suppression automatique des contenus inactifs depuis plus de trois mois, sans aucun préavis, sans aucune infraction à aucun règlement. A vue de nez, au minimum 80% du contenu disponible aujourd'hui serait supprimé ! Pour quelle raison ? On ne sait pas. Possibilité de suppression pure et simple des contenus sur simple demande des «autorités», hors de tout cadre judiciaire... Filtrage à priori des espaces interactifs destinés aux mineurs. Adieu Skyblog... La liste est longue, vraiment longue...
Dans tous les cas, les acteurs de l'Internet (FAI, Editeurs, Fournisseurs de contenu) sont considérés comme des auxiliaires de Police (et non de Justice !). Sous prétexte de lutter contre la pédophilie ou des activités criminelles répréhensibles, on atteindrait ici des niveaux de liberté proches du zéro absolu. Cette charte vaut autant pour les fournisseurs d'accès Internet, les moteurs de recherche, ou encore les plateformes de blog..."
[...]
Mais pour une information complète lisez surtout l'article publié par PCinpact (lien original) :
C’est Nicolas Sarkozy alors ministre d'État, ministre de l'Intérieur et Philippe Bas, ministre délégué à la Famille, qui avaient décidé de confier à une commission collégiale la gestion d’un label « confiance en ligne ». Ce label, reposant sur une Charte, est depuis l'origine destiné à être attribué aux intermédiaires pour « renforcer la sécurité sur Internet, notamment pour mieux protéger les mineurs et lutter contre les escroqueries » (le communiqué de 2007, présenté par Franck Louvrier, aujourd’hui omniprésent conseiller pour la communication et la presse à la présidence de la République)
S’ils signent, les grands acteurs du Web devront alors apporter tout leur concours et l’art technique pour nettoyer le web français. Morceaux choisis du document en cours de rédaction dont nous nous sommes procuré copie auprès d'un des destinataires, et qui a été soumis à l'avis des principaux intéressés :
Sécurité informatique
Auprès des utilisateurs, ceux-ci devront par exemple donner et mettre en avant toute une série d’informations sur les solutions de sécurité (virus, spyware, piratage de connexion, sécurisation wifi), le phishing, le spam, les escroqueries aux cartes bancaires, etc.
Démarche pro active, filtrage de ports, etc.
Mais cette mission de base s’enrichit d’autres fonctions nettement plus sensibles : les opérateurs et FAI devront ainsi « procéder à une démarche de veille active, sur les risques techniques émergents pour l’utilisateur ». Ils devront par ailleurs mettre en place « une démarche proactive de sécurisation des équipements par des mesures adaptées ».
Le texte cite par exemple la suspension, la résiliation, mais encore le blocage de certains ports « auprès de clients mettant en jeu la sécurité du réseau ». Difficile d'oublier que ces questions de filtrage de ports se retrouvent aussi dans la bouche du SNEP. C’est l'introduction douce du filtrage de masse qui se dessine, un filtrage dont la responsabilité et l’initiative sont placées sur les épaules des intermédiaires par le gouvernement, et dont les limites exactes sont bien floues.
Plus inquiétant : les opérateurs devront « préconfigurer les équipements fournis aux utilisateurs afin qu’ils atteignent un niveau de sécurité par défaut optimal selon l’état de l’art ». Bien entendu, cette « sécurité » par défaut peut s’envisager au profit de l’utilisateur, du réseau ou pourquoi pas d'intérêts très catégoriels puisque l’histoire nous a forgé à ce type de glissement facile.
Quotas d'envoi
Par ailleurs, les opérateurs qui signeront ce texte destiné à faire d’internet un lieu sûr et aseptisé mettront en place une politique anti spam par des techniques de filtrage, mais encore par l’application de… quotas d’envoi (!) tout en participant activement au programme Signal Spam. Un programme qu’a soutenu financièrement le gouvernement à sa manière comme le révélait un rapport de Jean Dionis du Séjour (une seule personne aux manettes de cet outil de surveillance).
Filtrage anti-mineur sur les sites pornos
Le document comprend encore une avalanche d’obligations exigeant des comportements toujours pro-actifs contre les contenus dits préjudiciables (terme assez large pour partir de la pédophilie pour aller jusqu’au piratage, voir à ce titre cette actualité sur le lobbying de l'IFPI…). D’ailleurs pour les contenus pornographiques, les intermédiaires producteurs de contenus devront mettre en place un filtre anti-mineur sur tous les sites créés en France. Le choix technique n'est pas décrit.
Suppression automatique des contenus "passifs"
Le texte en ébauche indique aussi « la possibilité de prévoir contractuellement une modalité de suspension de la possibilité de publier, par des personnes autres que le créateur de l’espace, en l’absence de toute mise à jour, modification, intervention ou modération d’un contenu depuis trois mois ; ainsi que l’existence de mesures de suspension ou de suppression de l’espace ». Est-ce un droit à l’oubli automatique qui se dessine là ? Ou, plus vraisemblablement un moyen élégant de faire disparaitre des écrits, images, vidéos que l'on n'aura pas trouvés dans les trois mois de prescriptions des délits de presse ?
Filtrage a priori des contenus sur les sites pour mineurs
Ajoutons que les créateurs d’espace destinés aux mineurs devront impérativement contrôler les contenus postés a priori. On imagine assez facilement les effets d’une telle mesure sur Skyblog…
Labellisation des contenus
La Charte concoctée par le ministère de l'Intérieur dessine (page 2) également les premiers traits de la labellisation, qui permet de garantir la salubrité morale des données publiées en ligne. Les FAI et éditeurs devront là mettre une sorte de ligne d’appel d’urgence vers le ministère de l’Intérieur en cas de contenu ou comportement illicite.
Signalement automatisé des infractions
Les FAI, opérateurs et éditeurs en ligne devront volontairement signaler aux autorités les contenus et comportements interdits (racisme, haine raciale, crimes contre l’humanité, etc.) et les cas de pédophilie. Un comportement identique leur sera réclamé en cas de risque « immédiat pour la sécurité des personnes et des biens ». Un dispositif déjà annoncé à demi-mot par Alliot-Marie.
Bien entendu, tout le monde condamnera la pédophilie, qui touche à l'humanité tout entière. Mais il faut se souvenir que dans les engagements Olivennes, les FAI ont à tester et éprouver dès 2008 des mesures de filtrage contre les atteintes aux droits d'auteur.
Autant dire que ce qui sera validé pour lutter contre la pédophilie sera automatiquement réclamé des ayants droit. De fait, ce trou de souris permet du même coup de remettre en cause les principes de responsabilité relative encadrés par la LCEN quant aux contenus véhiculés, pour transformer ces intermédiaires en futurs auxiliaires de police. On se souviendra des travaux menés sur ce terrain du côté du CSPLA, à la demande de Christine Albanel, elle-même. Sauf qu'en s'appuyant simplement sur les engagements des uns et des autres, cette Charte court-circuite le pouvoir législatif, pourtant plus à même de se pencher sur ces questions de société épineuses (voir à ce titre notre actualité).
Baisse du formalisme des réquisitions judiciaires
Enfin, le texte enfonce le clou : sans rougir, il demande aux FAI de s’efforcer de répondre avec le plus grand soin aux réquisitions et demandes officielles « non standards » et à apporter dans ce cas une première réponse (accusé de réception, indication du délai estimé de réponse à la demande, etc.).
En clair, lorsqu’un ayant droit fera une demande directe d’identification d’IP à un FAI sans passer par la voie judiciaire, le bon FAI devra apporter toutes ses connaissances pour satisfaire ces demandes d’informations « officielles ». C’est une énième manifestation de la volonté de déconnecter le pouvoir judiciaire des contrôles de base sur les droits et liberté de chacun, en demandant aux FAI de ne pas respecter le Code de procédure civil ou pénal.
Des traces conservées docilement
D’ailleurs, dans les derniers points de la Charte, le prestataire s’engagera à conserver à tour de bras toutes les adresses IP et autres données de connexion relative à du contenu un peu trop louche.
Filtrage pédopornographique... et ensuite ?
Précisons pour terminer que les FAI devront s’engager dans le filtrage le plus approprié des sites pédopornographiques. Le projet rejoint celui défendu par Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la Famille. Naturellement, cette demande intervient comme un test au regard de la loi Olivennes, comme nous l'exposions ci-dessus. Il est évident que les propriétaires de contenus (musique, cinéma) lorgneront de près ces mesures en cas d’efficacité. La lutte contre la pédopornographie peut facilement être un cheval de Troie qui cache d'autres mesures, en suscitant une vaste adhésion bien naturelle.
C’est peu de le dire, les FAI ont accueilli avec une certaine tiédeur et retenue ce projet de Charte.
Rédigée par Marc Rees le vendredi 06 juin 2008 à 18h17
02:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, blog, société, actualité, internet








