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26.08.2008

Jeux de Pékin et autocensure...

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Chers lecteurs,

durant toute la durée des Jeux Olympiques de Pékin nous avons gardé le silence, non parce que nous étions trop occupés à buller dans le remoud de la Grande Bleue mais en signe de soutien à tous les blogueurs chinois qui ont le choix entre se taire et finir emprisonnés!

On ne parle que de la répression au Tibet, mais que dire du silence complice des Occidentaux et du CIO par rapport à la chape de plomb que subit le peuple chinois?

Un enseignant a été incarcéré pour avoir osé se poser la question sur son blog de pourquoi les écoles étaient les édifices qui avaient le plus souffert du tremblement de terre de ce printemps...

Même dans le traitement de l'actualité relative aux Jeux, il était presque tabou de remettre en cause l'age de certaines athlètes chinoises, fusse le CIO lui même, puisque Mr. ROGUE a parlé de Jeux "exceptionnels"...

17.04.2008

Sans papiers pour Pékin...

07.04.2008

Jeux Olympiques de Pékin : Stéphane Diagana commémore à sa façon le geste courageux de Tommie Smith et de John Carlos au Jeux Olympiques de Mexico...

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(Amis lecteurs, ceci est bien évidemment un montage satirique!)
 
 
 
Entre courage et business, quarantes années de reniement...
 
 
JO de Mexico - 1968 (Source WIKI) : Le 17 octobre 1968, une controverse éclata au terme de la finale masculine du 200 mètres. les coureurs américains Tommie Smith et John Carlos arrivés premier et troisième du 200 mètres protestent contre la ségrégation raciale aux États-Unis en baissant la tête et en pointant, lors de l'hymne américain, leur poing ganté de noir vers le ciel, sur le podium de la remise des médailles.

Ce geste symbolique est la marque de leur soutien au mouvement politique noir-américain des Black Panthers et du Black power (pouvoir noir aux États-Unis). Ce geste fut déclaré scandaleux par le Comité International Olympique, qui ordonna aux officiels américains de suspendre Smith et Carlos. Ces derniers seront par la suite exclus à vie des jeux Olympiques.

Lors de ces jeux de Mexico, les athlètes noirs-américains, mais également une large majorité de leurs compatriotes blancs, portèrent sur leur veston un macaron portant l'inscription "Olympic project for human rights" (Projet olympique pour les droits humains). John Carlos déclara avant le début des jeux que les athlètes noirs d'Amérique ne boycotteront ou saboteront les jeux mais qu'ils réaffirmeront leur position contre l'injustice envers les noirs. Après son geste, il déclara aux journalistes : "Après ma victoire, l'Amérique blanche dira que je suis Américain, mais si je n'avais pas été bon, elle m'aurait traité de Négro".

 

    JO de Pékin - 2008 : les athlètes français, non contents de refuser de boycotter les Jeux de Pékin, non contents de refuser de porter un badge aux Jeux Olympiques, comme en 1968, sur lequel serait écrit "liberté" en chinois, non contents de refuser de participer au relais de la flamme olympique à Paris, se permettent de s'offusquer des incidents parisiens créés par les défenseurs de la liberté!

    Dans cet état d'esprit, Stéphane Diagana, premier porteur de la flamme Olympique n'a donc rien trouvé de mieux que de faire part de son agacement aux journalistes du journal de 13 heures!

    Nos athlètes se sont donc rangés du coté du business et du totalitarisme (d'ou le choix de ce montage) plutôt que dans le camp de la liberté!

Mais, après tout, le culte de la performance, cher aux sportifs, est à la fois le point commun du capitalisme et des totalitarisme...

 

06.04.2008

De l'olympisme au Casino, les jeux sont faits...

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Quelque chose de pourri dans les Jeux

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Depuis les années 1930, avec le maintien des Jeux Olympiques à Berlin malgré un changement radical de régime, passant de la démocratie au nazisme nous n’avons eu qu’une longue série de preuves montrant le caractère peu scrupuleux du CIO.

Après les Jeux de Berlin on pourrait citer ceux de Moscou en 1980 et de Los Angeles en 1984 qui symbolisent le retour des tensions, en pleine Guerre froide, avec le boycott respectif des jeux, à tour de rôle, par les Américains et par les Russes. En effet, à la fin des années 1970 c’est la l’URSS qui triomphait dans le monde et qui pouvait donc faire pression sur le CIO pour obtenir les Jeux. Au début des années 1980 la situation s’était inversée et ce furent les Américains qui, à leur tour furent en situation de force pour imposer les Jeux chez eux.

 

Depuis la fin de la Guerre froide, les conditions d’attribution des jeux ont changé : le pouvoir est aux multinationales et aux groupes financiers. On retient donc à la fois l’Etat le plus à même d’en payer le prix mais surtout que celui-ci se plie à leurs conditions, c'est-à-dire leur permettre d’augmenter leurs profits, mais aussi pour faire triompher leur idéologie. Dans cet esprit, l’attribution la plus caricaturale des Jeux revint, juste à la fin de la Guerre Froide, à la ville d’Atlanta qui est aussi le siège de Coca-Cola, principal partenaire de la manifestation sportive. La même année que les Jeux d’Atlanta, en 1996, Christian Bromberger résumait déjà cette idéologie dans « Aimez-vous les stades ? » (in Le sport c’est la guerre, Manière de voir, mai 1996), à savoir la volonté d’avoir des : «foules conditionnées par l’esprit de compétition et le culte de la performance sans limite, persuadées de la légitimité du combat perpétuel, de la juste domination du vainqueur couvert d’or et de prestige, de la soumission du faible au fort, de l’exploit et de la réussite individuelle. »

Il est très intéressant de rapprocher cette analyse de celle d’un certain Adolph Hitler qui écrivait déjà dans Mein Kampf : « des millions de corps entraînés au sport, imprégnés d’amour pour la patrie et remplis d’esprit offensif pourraient se transformer, en l’espace de deux ans, en une armée. ». Vue sous cet angle, la logique du monde de la finance n’est finalement que très peu éloignée de celle du totalitarisme…

Dans ces conditions, une idéologie totalitaire comme celle de la Chine ne peut que satisfaire à celle de ces grands groupes qui y font, d’ailleurs, déjà une grande part de leurs bénéfices, la Chine étant devenue le moteur de la mondialisation. Jean-Marie Brohm va encore plus loin en disant que le sport est « un véhicule puissant de diffusion de l’idéologie établie » et contribue ainsi à pérenniser le système actuel. Dans le cas présent des J.O. de Pékin, c’est justement le compromis machiavélique passé entre les multinationales et le gouvernement chinois : les deux parties doivent pouvoir profiter des Jeux pour asseoir un peu plus la légitimité de la mondialisation tant pour le monde que pour le peuple chinois.

Funk, un assistant de Goebbels déclarait : « Les jeux sont une occasion de propagande qui n’a jamais connu d’équivalent dans l’histoire du monde. » (in A. STRENK, The thrill of victory and the agony of defeat, Orbis, 1978). Les Jeux Olympiques de Berlin furent un succès international qui a permis au régime nazi de montrer sa puissance, par l’intermédiaire des cérémonies gigantesques et des nombreuses victoires des athlètes allemands pour montrer la puissance de leur idéologie… Deux ans plus tard, l’Allemagne envahissait les Sudètes avec une extrême passivité des démocraties occidentales et l’année suivante c’était le début de la Seconde Guerre mondiale…

 

Le gouvernement chinois ne respecte pas ses engagements olympiques et cela ne se résume pas au très réducteur Tibet :

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« Messieurs, Charbonnier est Maître chez soi. Nous sommes un Etat souverain […] Nous faisons ce que nous voulons de nos socialistes, de nos pacifistes et de nos juifs, et nous n'avons à subir de contrôle ni de l'humanité, ni de la SDN ». Cette invective était la réponse de Josef Goebbels, Ministre de la Propagande et de l'Information aux critiques des membres des membres de la SDN en 1933. Mais en remplaçant les Juifs par les Tibétains et la SDN par l’ONU, elle garde toute sa fraicheur en Chine…

 

Interrogé par rapport à la crise tibétaine actuelle par le Alternaives Internationales, dans un article intitulé « La crise tibétaine : une menace pour l'unité nationale ? », Jean-Philippe Béja enseignant-chercheur au CNRS/CERI-Sciences-Po, déclare concernant l’état d’esprit du gouvernement chinois :

« Pour les dirigeants chinois, ces manifestations (pourtant prévisibles puisque chaque année au mois de mars on ressent de l'agitation au Tibet) ne pouvaient arriver à un pire moment. Alors qu'ils sont obnubilés par la nécessité de présenter l'image impeccable d'une Chine moderne, harmonieuse, ouverte sur le monde à l'occasion des Jeux olympiques du mois d'août, elles viennent montrer que de fortes tensions agitent la société.

Les communistes chinois considèrent toute manifestation comme un signe de désordre. D'où les mesures prises contre les activistes du mouvement de défense des droits civiques depuis près d'un an : arrestation de militants et d'avocats qui défendent les droits des paysans victimes d'abus (Chen Guangcheng au Shandong, Guo Feixiong au Shandong, Hu Jia à Pékin), condamnation à de lourdes peines des organisateurs de pétition (Yang Chunlin condamné à 5 ans de prison pour avoir fait signer une pétition intitulée « nous voulons les droits de l'Homme, pas les Jeux olympiques»), évacuation des pétitionnaires venus réclamer justice à Pékin lors des réunions de l'Assemblée populaire nationale). Moins que jamais les dirigeants du Parti ne sont prêts à laisser s'exprimer le mécontentement social. Si l'on ne discute pas avec les paysans mécontents, les ouvriers licenciés, les citadins expulsés à la faveur des grands chantiers, peut-on négocier avec des manifestants Tibétains, violents qui plus est ? »

Il faut donc bien voir là que le Tibet est l’arbre qui cache la forêt ! La condamnation presque simultanée avec l’allumage de la flamme olympique de Yang Chunlin (évoqué plus haut) n’est pas un hasard : le gouvernement chinois a plus peur des 750 millions de laissés pour compte de son développement spectaculaire que de Reporters sans Frontières. C’est pourquoi il ne faut pas se contenter de vexer le gouvernement chinois et les 300 millions de nantis du système. Il faut boycotter totalement les jeux, pas simplement se présenter avec un badge (comme le voudrait RSF) parce que si l’on peut facilement manipuler les images, sans images et sans résultats on ne manipule rien ! Certes, on nous parle beaucoup de l’Etat d’esprit du peuple chinois : si on les prive de fête aux jeux ils peuvent le prendre mal et nous le faire payer ensuite… Avec les Jeux, il se refera une santé par l’esprit de conquête, sportive au départ… Donc, pour rester dans l’esprit de l’avant-guerre, reprenons Churchill (pas encore au pouvoir) qui, en 1938, avait fermement condamné l’attitude des ministres Anglais et Français des Affaires Etrangères qui avaient cédé, à la conférence de Munich, sur l’annexion des Sudètes en disant : « entre la honte et la guerre, ils ont choisi la honte mais ils auront quand même la guerre ».

 

Pour conclure : en boycottant collectivement les Jeux Olympiques de Pékin, les Occidentaux auraient au moins une assurance : celle de faire tomber le régime chinois et donc permettre une émancipation de son peuple ainsi que de faire cesser l’appétit impérialiste grandissant de ce pays qui provoque déjà des guerres (au Darfour et au Tchad). Mais ce sont les groupes financiers et les multinationales, trop impliqués dans ce régime, qui ont le pourvoir en Occident et non les politiques, donc cela n’arrivera pas !

 Enfin, ne doit-on pas tout symplement boycotter définitivement jes Jeux Olympiques qui n'ont plus rien à voir avec ceux créés par Pierre de Coubertin plutôt que de se comprommettre dans de futures olympiades encore plus douteuses? En 2014, nous aurons droit à un mix des "JO CocaCola" d'Atlanta et des "JO dictature" de Pékin avec les "JO Gazprom-Poutine" de Sotchi !!!

Tel un casino, les Jeux Olympiques sont aux mains d'une mafia classique: un pouvoir basé sur l'argent facile grâce à la mainmise économique, l'intimidation des rivaux par différents moyens plus ou moins sordides et de la drogue pour les athlètes (qui remplacent là, c'est vrai les protituées)!!!