15.07.2008
Le rêve cent fois brisé d'une union méditerranéenne

Depuis la fin de la "Mare Nostrum" de l'empire romain, nombreux sont ceux qui ont voulu refaire de la Méditerranée une entité politique, que ce soit par les conquêtes militaires (byzantins, arabes, croisés, Ottomans, Napoléon puis l'Axe) ou que ce soit par la négociation avec le processus de Barcelone (qui a échoué il y a 13 ans)...
Aujourd'hui, on peut parler déjà d'un certain succès du sommet de Paris, dans le sens ou les pires ennemis de Méditerranée se sont retrouvés assis à la même table. Il y a même un drapeau et une déclaration commune représentant 43 Etats ou chefs de gouvernements. Mais il y a fort à craindre que ce soit encore voué à l'échec , moins cette fois à cause des tensions existant entre les deux rives de la Méditerranée qu'à cause des problèmes propres à la rive Sud. Pour une fois, il n'y a aucun reproche à faire à M. Sarkozy qui est l'initiateur et le médiateur du projet! (sic!)

La première et la principale faille de l'Union est, sans surprise, le problème israélo-arabe au sujet duquel un grand absent était évoqué de toute part : le futur Président américain. Ainsi, l'avenir de la Méditerranée commence donc par une hypothèque sur la bonne volonté de la diplomatie américaine.
La seconde faille est assez lié à la première quoique légèrement excentrée : le potentiel d'un conflit avec l'Iran. A coup sûr, si la guerre éclatait, ce serait à l'initiative des Etats-Unis (ou de l'Iran en réponse à un piège tendu comme pour l'Irak en 1990 avec la fausse autorisation de la diplomatie américaine pour envahir le Koweït) qui seraient immédiatement rejoints par Israël et l'OTAN (donc la France). Le processus serait immédiatement gelé car la Syrie, le Hezbollah, le Hamas, la Lybie (certes déjà absente) et certainement la majeure partie de l'opinion publique arabe en général serait en froid avec l'Europe et Israël, pour ne pas dire pire!!!
Enfin, la question de la localisation du siège de l'organisation reste une question importante qui pourrait être une source de tensions inutiles. En effet, d'ores et déjà le Maroc et la Tunisie se tirent la couette pour obtenir ce privilège. Mais dans un cas comme dans l'autre ce serait une erreur : le Maroc est beaucoup trop excentré et la Tunisie a été le siège de la Ligue Arabe. L'idéal serait une île de Méditerranée, mais la plupart sont européennes. Reste donc une option audacieuse : l'île de Chypre (mais pas seulement l'Etat grec qui occupe la partie ouest de l'île) car c'est le symbole du déchirement Nord/Sud en Méditerranée, donc un phare dans la nuit pour éclairer une "grande bleue" qui est, pour le moment, recouverte d'un voile noir...
19:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, france, europe, méditerranée, 14 juillet



